Les chroniques CD du mois de mai
ABSYNTHE MINDED
Depuis dEUS, Zita Swon et l’incontournable «godfather » ARNO tout le monde sait que la Belgique s’est imposée comme la plaque tournante du rock européen sur le vieux continent.
A.M. transcendé par la remarquable osmose du groupe, joue à merveille des contrastes et des silences. Chaque note apporte une touche de couleur venant rehausser la mélodie, la portant à sa quintessence. Rugissement d’orgue Hammond, couplet talking blues et dissonance de guitare jazz/rock. Les instruments vintages tissent des climats à dominante acoustique capables de virer à l’orage.
A.M. est de ces albums rares qui procure un plaisir aussi immédiat que durable, celui d’écouter une musique fluide, organique qui semble couler naturellement. La sensation vertigineuse du grand art. Du plaisir à l’état pur, pour tous ...
www.absyntheminded.be
Patrice Rolle
PAMELA HUTE - «Turtle tales from overseas»
Pamela c’est avant tout une voix doublée d’une profonde mélancolie. Une voix blanche et une guitare qui part en guerre contre la guitare. Les synthétiseurs surgissent comme une boite de Pandore, nourrissant les chansons de sons inouïs. Grondements et gargouillis. Pamela travaille ses mélodies, écrit les textes et joue sur une Music Master. Entre abandon et névrose P. compose entre post punk, rock et électro pop.
PJ Harvey et P.Smith ne sont jamais très loin... Musique sensuelle et glacé,ivresse des rythmes hypnotiques pour ce premier album très prometteur.
Patrice Rolle
SHARON JONES & THE DAP KINGS
Est-il encore besoin de présenter le phénomène Sharon Jones & The Dap Kings?
En grands amateurs de soul music que sont devenus les français, l’arrivée de cette tornade, en 2002, avait créé l’événement. Et son coup d’essai, l’explosif Dap-Dippin’, passe maintenant pour un classique. Ce petit bout de femme, élevée à la même école que le «godfather» James Brown, avait su rallumer le groove qui dormait en nous, et redonner au Rythm & Blues ses lettres de noblesse.
Aujourd’hui, dans un marché dominé par les «grandes voix», la soul a bonne presse. De la variété au hip-hop, du jazz à l’électro; tout le monde en fait. Pour le meilleur et souvent pour le pire. Le mot fait vendre, comme jadis le mot «jazz» faisait rêver. La cote de Sharon Jones, légitimement, s’en retrouve au top, et c’est à prix d’or, dorénavant, que l’on s’arrache les services des Dap Kings. Véritable machine de guerre rythmique, leur son unique n’échappera pas, d’ailleurs, à une certaine Amy Winehouse...
Huit ans plus tard, trois albums – impeccables - et quelques grosses tournées au compteur, les revoilà sur le devant de la scène. Et quelle scène! Là où beaucoup auraient donné des signes de paresse (rendement oblige), les New Yorkais, eux, redoublent d’inspiration. Chez Daptone Records, pas de consensus! De la personnalité, du risque, et une certaine idée de la classe. Avec une fraîcheur désarmante, « I learned the hard way » se réapproprie tous les canons de l’époque (deep soul, funk, doo-wap, blues, gospel...) sans jamais paraphraser personne ni trahir leur propre style, définitivement supérieur. Capable d’arrangements sophistiqués à la Delfonics (The game gets old) comme de sobriété à la Sam Cooke (Mama don’t like my man), Sharon Jones cultive le goût du style. Elle a peut-être appris le chemin de la difficulté, comme le dit – littéralement - le titre, elle est sur le bon chemin.
Nicolas Poutot
CHAPEL HILL - «If these wings should fail me»
Apres « Songs to die for»,Chapel Hill présente son nouvel album. Nathan Symes et ses musiciens évoquent des récits en des compositions obsédantes mêlant blues écorché, folk épuré, country assumée , replaçant le rock face à ces origines dans un réalisme cruel. La simplicité qui se dégage de ce nouvel album vise l’essentiel le brut et l’intime.
Des titres moins sombres, des histoires moins torturées que sur le précédent. Un disque authentique fidèle aux prestations du groupe. Une reprise d’H.Williams en concert, et un style toujours encensé par l’esprit de T. Waits. De mieux en mieux.
Patrice Rolle
DUB ORCHESTRA - «Sonic Déviance»
Dub Orchestra est formé en 2004 par 5 musiciens issus du punk rock et du reggae dub. Fusionnant les styles ils revendiquent un Dub instrumental qui sort des sentiers battus.
Avec Sonic Déviance, Dub Ochertra prouve qu’il a sa place parmi les grand de la scène électro-dub du moment. Le groupe développe un mix optimum entre dub et rock-fusion. Du puissant combo basse-batterie aux mélodies guitare-clavier saupoudrées de samples.
Un exercice de style bien affiné qui ravira les amateurs du genre...
Contact:duborchestra@voila.fr
Patrice Rolle
GUERILLA FRESCA - «Ca ira mieux demain...»
Guerrilla Fresca, c’est huit jeunes musiciens issus d’univers différents. Jumper du ska au rock steady, de la funk au reggae porté par une section cuivre de grande qualité. Les textes un peu bateau ne valorisent pas assez cette musique métissée. 14 titres vigoureux, auto-produits pour ce nouvel album sortie le 1 mars 2010.
www.guerillafresca.com / myspace.com/guerillafresca
Patrice Rolle
Pamela Hute, Sharon Jones, Dub Orchestra et Guerilla Fresca en écoute juste ici :