DVD
Février
Inglorious Basterds / de Quentin Tarantino / Avec Christoph Waltz, Brad Pitt, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Daniel Brühl, …
Notre collaboratrice et amie Martine, dans le numéro d’octobre, nous déconseillait d’aller voir le dernier Quentin Tarantino. Qu’à cela ne tienne, j’ai désobéi, au risque de me faire taper sur les doigts (comme vous pouvez l’imaginer, c’est très sévère chez nous. Si vous, par malheur, vous avez suivi ce conseil, vous avez peut être une chance de vous rattraper : Inglorious Basterds sort ENFIN en DVD.
Ici, on est en pleine Seconde Guerre Mondiale, où dans un pur style Tarantinien, on suit divers personnages dont les histoires et destins sont mêlés : du commando des « Bâtards pas glorieux », au Colonel SS Hans Walda (incarné par un génial Christoph Waltz quadrilingue dont la récompense à Cannes est un strict minimum au vu de sa performance), à la jeune juive gérante d’un cinéma, Hitler himself, des espions britanniques, ou encore un jeune soldat allemand.
A la manière dont il mêle les histoires, Quentin Tarantino mêle admirablement les genres : on assiste dès le début à une scène dramatique de haut niveau, aux dialogues percutants. Bien que la pub pour le DVD à la téloche veuille nous faire croire qu’un Inglorious Basterds est un pur film d’action (ces scènes là sont d’ailleurs tout aussi excellentes), c’est bien encore les dialogues vifs, bien écrits, et l’ambiance à la fois burlesque, triste et dérangeante qui font l’originalité de ce film.
Quant aux acteurs… Enfin un vrai rôle pour Diane Kruger, d’habitude cantonnée à des apparitions plus pour sa plastique que pour son jeu (revoyez Troie…). Le gentil Daniel Brühl de Goodbye Lenin est surprenant en héros nazi. Brad Pitt est hilarant, merveilleux, bref, égal à lui-même. Seule la frenchie Mélanie Laurent convainc un peu moins, mais bon… peut être intimidée par un Tarantino qu’on sait très exigeant avec ses acteurs ?
En résumé, il est dur de parler de ce film (je suis donc tenté de conclure facilement et par une pirouette), le plus simple, c’est de le voir.
Max Frech
Jeannot l’intrépide - Jean Image - Carlotta Films
Avis aux parents de jeunes enfants : ce film ressort en salle dans notre région, au Méliès notamment. On aurait pu craindre que la génération des tout petits soit un peu déconnectée par rapport à la poésie et au graphisme de cette histoire. A l’époque des gros effets spéciaux, il n’en est pourtant rien. La magie opère encore sur ce film considéré comme le premier long métrage d’animation français. Ici, le Petit Poucet se fait «réduire» par un ogre et se retrouve à hauteur d’insectes. C’est mille fois plus inventif qu’Arthur et les Minimoys 2. Prémonitoire, Jean Image défend un essaim d’abeilles menacé par des frelons...qui n’était pas encore asiatique, à l’époque. Toujours est-il que le charme de ce film passe avec succès le cap des années.
Rue Cases Nègres - Eurzhan Palcy – 1983
Carlotta Films n’aurait pu trouver meilleur moment pour sortir ce DVD. En plein débat sur l’identité nationale, fallait avoir du nez ! Salué à sa sortie par une kyrielle de prix (Lion d’argent à Venise, prix d’interprétation pour Darling Legitimus...), ce film est un de ceux qui ont marqué la décennie des 80’. Surtout qu’il montre l’état de la société martiniquaise dans les années 30. Et surtout de ses habitants qui, si l’esclavage était loin sur le plan statutaire, étaient dans un état similaire puisque totalement dépendants des propriétaires de plantations sucrières. C’est à la misère de ses concitoyens que «Man’Tine» tente d’arracher son petit fils José en se saignant aux 4 veines pour qu’il puisse étudier. Car la jeunesse de cette Martinique – là vit livrée à elle-même, illettrée, et fait les 400 coups comme toutes les jeunesses du monde. Ce film est loin d’être triste, même s’il montre l’horreur de la condition de ces esclaves modernes. Quelques personnages émergent, comme celui de Medouze, un «sage» qui instruit José, à sa façon. Un moment fort de cinéma à redécouvrir.
Pierre

