CHRONIQUES DVD

 

Mars

 

 

District 9 / de Neill Blomkamp / Avec Sharlto Copley, David James II, Jason Cope, ...

 

Le cru ciné 2009 a été riche en films de qualité et en récompenses prestigieuses : Slumdog Millionaire, Gran Torino, Les Noces Rebelles, Very Bad Trip, Avatar, Good Morning England, Là-Haut, Morse, Harvey Milk, Inglorious Basterds, Un Prophète, Benjamin Button, etc, j’en oublie forcément. Mais un de ces films de fin de décennie

attire plus particulièrement l’attention : District 9.

Contrairement à tous ces bons films sus-cités, District 9 ne se contente pas de nous raconter une histoire bien ficelée et mise en scène (ce qui est déjà excellent me direz-vous). Non, ce film va plus loin et chamboule les codes de la fiction extraterrestre.

Là où des Independence Day, la Guerre des Mondes s’étaient contentés de jouer sur l’effet d’attaque extraterrestre pour en faire le point central, District 9 (D9) mise sur beaucoup d’autres atouts afin que ce film soit tout différent - et meilleur - que ses prédécesseurs.

Primo, le réalisateur Neill Blomkamp est sud-africain, ce qui change complètement la donne : finie la recette américaine à base de gentil héros charismatique, de méchant extraterrestre envahisseur (ou de mignon petit homme vert façon E.T), où l’armée US est présentée comme LA seule solution à l’invasion alien.

Ici, on est à Johannesburg, filmée par un Blomkamp qui alterne entre un style documentaire avec du direct télé, reportages, interviews, et une réalisation plus classique mais diablement plus efficace, mélange qui rend une impression de réalisme très déstabilisante.

Très ancré dans son époque, District 9 est un reality-show-movie dans lequel la forme et le fond sont en parfait accord, où le mélange des styles de réalisation donne au scénario une envergure nouvelle et inattendue.

Une fois de plus, je me retiens de vous donner ne serait-ce que le pitch ou le début de l’histoire, je ne peux me permettre de gâcher ce premier plaisir de découverte.

 

 

Morse / de Tomas Alfredson / Avec Kare Hedebrant, Lina Leandersson, ...

 

Vous pensez que ce film va vous en apprendre plus sur la vie des morses ? Vous voulez apprendre le morse et vous vous attendez à ce que ce film vous y initie ? Vous vouliez tellement voir un film sur le cheval que vous avez lu «Horse» et n’avez pas du tout compris ce film ?

Le titre original est «Låt den rätte komma in», beaucoup plus explicite que «Morse» si vous parlez suédois. Car en effet, ce film nous raconte... quelque chose que je ne peux pas vous dire, je vous gâcherais bien des surprises.

Disons simplement que Morse nous parle d’Oskar, un garçon timide d’une douzaine d’années vivant dans la Suède enneigée des années 80 (mais déneigée depuis, ne vous inquiétez pas. Puis reneigée. Et déneigée. Etc. Ca s’appelle l’hiver, ce que les médias découvrent chaque année).

Morse, c’est aussi 47 récompenses de par le monde, pour 54 nominations. C’est deux acteurs principaux de 12 ans dont Tomas Alfredson loue la «sagesse» et «l’intelligence», et qui sont pour beaucoup, malgré leur jeune âge, dans le succès de ce film.

Mais c’est avant tout un film dont l’ambiance et l’histoire en a séduit plus d’un. Dans Morse, tout se déroule sans à-coups, en délicatesse, on pourrait presque prendre ça pour de la nonchalance si le climat ambiant n’était pas

si sombre et parfois angoissant. On s’interroge sur cette atmosphère mystérieuse qui balance entre la blancheur envoûtante des paysages enneigés et l’obscurité de certaines scènes. Et malgré tous ces paradoxes, toute cette noirceur dans ce paysage froid et blanc, Morse insuffle délicatement de la poésie subtile par petites doses sans jamais tomber dans le sentimentalisme.

A l’image de District 9, ce film reprend un thème archi-exploité - surtout en ce moment (vous commencez à deviner de quoi parle ce film ?) - et le transcende, nous le présentant sous un regard complètement nouveau et pur.

Enfin, ne tournons pas autour du pot : Morse est magnifique, Morse est

grandiose, Morse est génial. Klocka Låt den rätte komma in brådskande !

 

PS : si après avoir vu ce film, vous persistez à vouloir apprendre le morse,

nous avons pensé à vous : http://morse.laboussole.org/apprendre.html

 

Max Frech