Festival "PIRINEOS SUR" à Sallent de Gallego

 

La 19éme édition du festival "Pirineos Sur" se voulait toujours plus éclectique, colorée et aussi engagée. La commémoration du bicentenaire de l'indépendance de l'Amérique Latine fut l'occasion de tous les émois. Des artistes venus du Chili, d'Argentine, de Colombie, du Pérou, du Venezuela, du Mexique mais aussi du Mali, d'Algérie, du Maroc, d’Espagne et des Etats-Unis.

Avec Howe Gelb comme invité aux côtés du "Band of Gypsie" et de Raimundo Amador, le public jubilait. Du pur jus de rock-texans sous les riffs secrets du soliste gitan. Un échange expérimental pour une collaboration exceptionnelle. La voix sensuelle et le charisme d’Howe Gelb porte en ébullition le combo. Le guitariste de "Giant Sand" subsiste comme légende vivante du rock underground déjanté enclin aux hallucinations sonores du désert de l'Arizona. Avec "I like you", son premier album solo, H.G. composait entre une subtile country et negro-spiritual. "Alégrias" née de la rencontre du maître andalou R. Amador. Les riffs endiablés du gitan figent les distorsions de la rythmique. La présence de L. Cortes et J. Parish porte l'enregistrement à son apogée.

 

Expositions, activités parallèles et une première partie colombienne avec "La Mojarra Electrica", le temps passe délicieusement dans ce cadre magique. 1 million et demi d'investissement pour un nouvel espace capable d'accueillir 6 000 personnes. Une organisation infaillible qui propose un festival unique en son genre.

 

"OUM" ouvrait la soirée du samedi avec de la variété marocaine. Tandis qu'une chorégraphie féminine captivait l'assistance. Alexandro Monserrat & Al Baida nous offraient un spectacle inattendu. Le métissage de la musique andalouse aux accents "Gnawa" bercé par les mélodies Berbères de la Cora. Entre Aragon et Maroc le plaisir rime avec musique.

 

Rachi Taha, tête d'affiche de la soirée, arrive un peu éméché. Il joue à merveille son personnage, titubant, crachant d'un ton provocateur (je le trouve même plutôt bon dans ce rôle là). Ses musiciens, eux, sont excellents. De manière nonchalante certes, R. T. enflamme le public et obtient une ovation. Je m'entretiens le lendemain matin avec lui, avant qu’il ne rate son avion !!!

 

Factotum (F) : « Bonjour » ! C'est le titre de ton dernier album, pourquoi ?

Rachi Taha (RT) : Parce que c’est le début de toute conversation (rires).

F : Sérieusement le whisky pour toi c'est 5 ans ou 20 ans d'âge ?

RT : Non je ne bois que du vin ou du champagne.

F : "YA RAYAH" (titre) l'exilé,

RT : Toujours

F : Toujours toi ?

RT : Non, toujours tous ! Tu remarqueras qu'il y en a de plus en plus et on est de plus en plus exilé chez soi.

F : Quels sont les pays les plus réceptifs à tes concerts ?

RT : Eh bien ce n’est pas l'Europe du Nord, disons qu’ils sont réceptifs mais ça manque de vie.

F : Est-ce qu'il y a des pays où tu ne veux pas jouer ?

RT : Non.

F : Est-ce qu'il y a des pays où tu ne peux pas jouer ?

RT : Oui, mais je ne dirais pas.

F : "BARRAH"(dehors), tu comptes les faire payer comment ?

RT : Jusqu'au dernier...

 

Patrice Rolle