Réseau Alerte : il est urgent d’alerter…
Premier point : comment définir le Réseau Alerte ?
C’est un rassemblement d’individus et de personnes morales comme Attac 64 qui s’est constitué pour défendre la citoyenneté face à la violence policière, et pour faire circuler les informations. Mobilisé à l’origine sur l’affaire de Tarnac (souvenez-vous de la chronique dans Factotum « Tarnac Express »), il s’est depuis concentré sur les mésaventures survenues notamment à Bee Bop et, aujourd’hui, à Asma qui sont en quelque sorte les fils conducteurs de ce collectif.
Deuxième point : concrètement, comment agit le Réseau Alerte ? Son rôle est d’interpeller les élus face aux comportements policiers, d’informer les citoyens des dérives qui peuvent se produire, et de soutenir les personnes impliquées dans ces dossiers. Ce soutien se manifeste par une aide sur les démarches juridiques à entreprendre, et aussi par une assistance psychologique particulièrement précieuse dans ces cas-là.
Troisième point : comment se montrer plus efficace ? Les expériences récentes montrent qu’un dossier étudié à sa source a davantage de chances d’aboutir à un résultat concret. Il est donc utile d’alerter le Réseau dès qu’il y a un « soupçon » : ce sera ensuite aux membres du réseau de juger s’il y a lieu ou pas de poursuivre les investigations et le soutien à la personne désignée comme victime.
Quatrième point : qu’en est-il de « l’affaire Asma » ?
Une erreur sur la personne qui tourne très mal, ainsi que le montre le récit de la principale intéressée (document disponible sur simple demande par mail à reseau.alerte-asma@orange.fr). Suit le courrier remis aux élus de l’agglomération paloise.
Comment rejoindre le Réseau Alerte ? Déjà, il est possible de prendre contact en envoyant un mail à l’adresse ci-dessus. Ensuite, la prochaine réunion est fixée au jeudi 16 décembre à 20h30, salle 608 du Complexe de la République à Pau. On vous y exposera le cas qui préoccupe actuellement, ainsi que, d’une manière plus générale, le fonctionnement de ce collectif.
Pierre de Nodrest
Mesdames et messieurs les élus,
Le Réseau Alerte, est une association de fait, regroupant des individus et des représentants de collectifs, dont le réseau ATTAC 64, qui s’inscrivent dans une démarche citoyenne, pour dénoncer toutes dérives sécuritaires et violences policières.
Ainsi, les conditions dans lesquelles se sont déroulées l’interpellation, la garde à vue et la remise en liberté de Mlle AHMED Noudhoura Asma, nous ont émus et choqués ; c’est pourquoi nous tenons à les porter à votre connaissance.
Le 1er septembre 2008, après avoir frappé violement à sa porte, deux agents sont entrés dans le domicile, de Mlle Ahmed, originaire de Mayotte, mère d'un enfant de deux ans à l'époque des faits, en l’accusant d’enlèvement d’enfant.
Prenant son fils, pour l’enfant recherché, ils l’ont aussitôt réveillé de sa sieste, et sans tenir compte de leurs papiers d’identité, ni apporter d’explications sur les motifs de leur accusation. Ils l’ont conduite aussitôt, avec son fils, jusqu’au poste de police, menottes aux poings, sans lui laisser le temps de se coiffer, de s’habiller correctement, ni de se chausser.
Son cauchemar s’est alors poursuivi lors de sa garde à vue, qui dura environ 23 heures, dans des conditions que nous souhaitons dénoncer et qui nous poussent au questionnement :
- pourquoi les policiers ont-ils laissés Mlle Ahmed, dans une longue attente dans les bureaux, sans interrogatoire, sur l'objet de sa présence dans ce poste de police ?
- pourquoi les policiers ont-ils accepté de prévenir l’avocat, seulement 3 heures après son interpellation ?
- Peut-on tolérer le chantage dont fut l’objet Mlle Ahmed, pour l’obliger à signer une déposition, l’accusant d’outrage à magistrat ?
En effet, après le départ de son avocat, les agents ont présenté une déposition à Mlle Ahmed, qu’elle a refusé de signer, car elle n’était pas d’accord avec le déroulement des faits décrits par les policiers. Elle fut alors séparée de son enfant et subira ensuite de violentes pressions de la part de plusieurs agents (mise à nue, fouille au corps, incarcérée dans un lieu froid et insalubre, railleries, humiliations…).
De même, les conditions de sa remise en liberté nous apparaissent comme intolérables :
Le lendemain matin, après de nouvelles pressions et un odieux chantage : de sa signature dépend le droit de revoir son fils, elle sera relâchée dans la rue, en état de choc, pieds nus, sans argent, sans véhicule (elle habitait à Baliros), se sentant sale et humiliée, juste un post-it avec un numéro de téléphone pour récupérer mon fils.
C’est en téléphonant à ce numéro qu’elle apprendra que son fils avait passé la nuit, dans un foyer d’accueil, dont les membres furent avertis de sa remise en liberté 3 heures avant qu’elle ne soit effective.
- Pourquoi les policiers ont-ils menti sur l’heure de la remise en liberté ?
- Est-il tolérable, dans votre ville, votre canton, votre département, qu'un citoyen présumé innocent soit traité de cette façon ?
Suite à cette histoire, un agent a porté plainte pour outrage à magistrat, l’autre agent s’est constitué en partie civile. Mlle Ahmed, a alors perdu deux procès. Aujourd’hui, elle est convaincue que les policiers l’ont accusée d’outrages et rébellion pour se couvrir de leur erreur de personne, dans l’enquête initiale qui les a amenés à son domicile.
Animée par une forte envie de se battre, en tant que mère et femme ayant subie des humiliations, elle se pourvoit en cassation, engage une procédure de dépôt de plainte, et sort de son silence, en racontant son histoire, pour obtenir une reconnaissance de cette injustice.
C’est parce que nous avons décidé de la soutenir que nous vous invitons à prendre connaissance des faits, en lisant son histoire sur le document ci-joint.
En vous remerciant de votre attention, et dans l'attente de vous rencontrer ou de recevoir une réponse de votre part, veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les élus , l'expression de nos salutations citoyennes.
Les membres du Réseau Alerte