CARNETs

 

 

DE ROUTE

 

 

 

 

UN PETIT TOUR

 

DU CÔTÉ DE L’INDE

 

 

Après le magnifique site de HAMPI, mais j’ai déjà dit, il faut se le mériter... (à Hampi pas de tourisme de masse, vu les moyens de communication, les agences européennes ne s’y aventurent pas...et tant mieux pour nous les Routards...) on a repris le train jusqu’à Margao, dans l’Etat de GOA, au bord de la mer d’Oman, donc 8h de train en compagnie d’indiens très sympa avec qui nous avons pu discuter un peu (...en anglais, bien sur...on n’a pas encore fait de nets progrès en Hindi...). De toute façon, on est obligé de se renseigner car les gares ne sont pas annoncées et de plus les panneaux sont très souvent en Hindi c.a.d en illisible pour nous, donc il est hors de question de rester dans son coin, car sinon on risque de louper la destination... Bref, on descend comme il faut, et on prend un tuk-tuk pour aller en front de mer dans un port de pêche (Benaulim) avec de superbes plages au sable fin, avec une eau presque trop chaude, des dauphins qui font la parade certains matins, bref un super coin pour nous remettre d’aplomb pendant 1 semaine avant de reprendre la vadrouille. Comme il fait déjà très chaud, il y a moins de toutou et c’était super. Programme, course et longues balades, les pieds dans l’eau, lecture, rencontres avec d’autres toutous de tout pays, bonne cuisine à base de poisson tout frais... Bref, le farniente...

 

Départ pour AURANGABAD, et cette fois-ci en avion car il y a bien 1 200 kms à parcourir et qu’en train ou en bus, il nous aurait fallu 3 jours... Descente de l’avion : on a l’impression d’être dans le désert et que le sirocco souffle, le thermomètre à l’aéroport annonce, à 17h, un petit 41 degrés...et ce n’est rien, il faut attendre d’être en ville dans la poussière et tous les véhicules et deux roues qui crachent du CO2...à qui mieux mieux. Impressionnant de pollution, l’Inde a dans ce domaine aussi beaucoup de progrès à faire, c’est normal qu’ils ne veulent pas signer la charte pour la survie de notre planète...ils en sont à des lieues ou même à des années lumière...c’est vraiment utopique de croire à une amélioration car les indiens sont tellement nombreux, que c’est impossible...et ça doit être pareil avec les chinois, je suppose (nous y étions, il y a 15 ans et ils roulaient essentiellement en vélo...mais ça ne doit plus être le cas, aujourd’hui...).

 

Qu’à cela ne tienne... Nous ne sommes pas venus dans ce coin perdu, pour nous plaindre, mais pour aller visiter les grottes d’Ellora et d’Ajanta, de superbes grottes bouddhiques et hindoues et jains perdus dans la campagne, un vrai régal pour les yeux et ce, loin de cette Inde polluée et nauséabonde...à croire que nous sommes ailleurs...et en fait c’est tellement beau et dépaysant que l’on se croit ailleurs... Pour Ajanta, les grottes n’ont été découvertes qu’il y a 200 ans, par des anglais qui chassaient le tigre dans la région, donc 18 siècles de repos sans visite humaine : de ce fait les grottes sont en très bon état et sont très colorés (c’est une merveille et de plus c’est reposant et il y fait une douce température alors qu’à l’extérieur il fait entre 45 et 48...normal, c’est en pleine campagne, sur les bords de falaises...).

 

Et puis, nous avons repris l’avion, pour un grand saut vers Delhi (1 600 kms) où nos amis de Pondi nous attendaient à l’aéroport pour aller avec guide et chauffeur pour une visite de 16 jours dans le Rajasthan... Là, c’est du luxe, du point de vue organisation, mais par contre, le Rajasthan est la région la plus visitée par les agences européennes et dès ce matin, où nous avons visité JAIPUR, on a compris notre douleur : des quantités de groupes en visite...ça nous change par rapport à tout ce que nous avons fait jusqu’à présent... Alors, pourquoi le Rajasthan et non le reste de l’Inde : et bien Delhi est à 9h de vol de Paris, le Rajasthan jouxte Delhi et si on est pressé on peut voir l’essentiel en 10 jours...mais tout ceci n’est vraiment pas fait pour nous...

 

J. Daudignon

 

 

 

 

TREMBLEMENT AU CHILI

 

 

Nous sommes secoués sans l’avoir trop été.

Mais L’air qu’on respire n’a plus la même odeur.

Le ciel a changé de couleur.

Les piétons ont les regards hagards...

Des regards qui ne regardent pas.

On a tous des têtes de gens qui s’en sont bien sortis, mais avec des signes d’interrogation à la place des sourcils.

Un sourire jaune et un sentiment de culpabilité voire d’impuissance...

Dans la rue, on traîne la savate, ça rêvasse.

Le Chili a bu la tasse, s’est réveillé avec la gueule de bois.

La vieille église de Providencia a perdu son clocher.

Le Maule, a perdu ses villages.

Une partie de ce merveilleux pays dort sous la tente, pendant que la grande ville organise un «Terremotto- Teleton» pour rassembler 15 miliards de pesos (15 000 000 000 $) et double la mise !

Des hordes de ménagères courent chez Lider pour remplir leurs caddies de nouilles. Des files de voitures qui se disputent pour un plein d’essence. Comme si l’avenir n’avait plus de futur.

Une espèce de carnaval sordide où des marionnettes chantent sur des images tristes à pleurer «Hay que donar...!», pour soutirer les sous aux consommateurs.

 

Heureusement, dans ce brouhaha tragico tragico, on trouve les CITOYENS, les voisins, les habitants, les vrais, les jeunes, les vieux, les pauvres et les riches, les bruns, les roux et quelques blonds.

les Communistes, les libéraux,

des pompiers bénévoles,

des infirmiers qui ont tout perdu sauf l’envie de soigner...

des miraculés qui s’embarquent sans savoir,

Des hordes d’étudiants qui font des boites pendant des nuits entières, remplissent des cartons, trient les habits, vont construire des cabanons, soigner les enfants.

Des communautés entières qui s’organisent, louent des camions et font des allers venus auprès des victimes.

Des milliers de personnes dont le seul slogan: Fuerza Chile ! suffit à tendre la main à l’autre, a sus hermanos de Chile...

Des travailleurs qui ont donné leur mois de salaire pour aider à reconstruire des petits ports de pêche sans dessus dessous...

Une Présidente qui finit son mandat dans la peine et la douleur, et qui déclare sur les radios : «Le Chili n’a pas mérité ça !»

Et puis Il y a nous,

Nous qui sommes venus nous laisser chouchouter dans un pays doux à vivre, où l’Européen est reçu à bras ouverts,

où le soleil brille presque tous les jours.

Nous qui nous sommes fait secouer comme une bouteille d’Orangina, pour faire remonter la pulpe spirituelle.

 

Et Il y a l’autre, Sans qui nous ne sommes rien.

VOUS, TOI, dont chaque visite, coup de fil ou nouvelles fait effacer les distances et fait vivre la joie des retrouvailles.

Vous, et vos valises à roulettes, des bagages de bonheur...pleines de trésors.

Vous qui nous ouvrez nos portes à n’importe quel moment ici ou ailleurs, sans qui on ne serait pas Nous.

 

Estelle