Bouzouki

 La danse des pipeuls

 

Et pendant ce temps, en Grèce, les salauds niquent...

 

Ça fait longtemps que je n’avais pas pris la plume, mais, là, je peux plus. Je n’ai que 4100 signes mais je vais faire avec. Au pain sec et à l’eau, on va être, nous, les Hellènes. Sous prétexte qu’on a dilapidé plus de sous que ce dont on disposait. Au piquet, vient de nous dire DSK et son FMI. Vous voulez de l’aide ? Alors, réduisez de suite votre train de vie. Un peu comme pour les Argentins, au début des années 2000, avec les conséquences que l’on sait. Les sous-développés de l’Europe, qu’on est en train de devenir. Pas de souci : l’Espagne, le Portugal et leurs petits voisins ne perdent rien pour attendre. Car le dispositif Slim Fast, c’est pas comme le nuage de Tchernobyl : lui, il ne s’arrêtera pas aux frontières. Et au final, cette attaque contre notre économie et, plus largement, contre l’économie du vieux continent constitue ce qu’on appelle un effet d’aubaine pour les gouvernements qui ont enfin un argument en or pour réduire les services publics. Tout ça au nom du culte de l’Euro. 

 

 

Et à quoi ça nous sert, à nous, d’avoir une monnaie forte ? Ca nous plombe les exportations de féta et de fruits et légumes, c’est tout. Après, ici comme ailleurs, l’abandon du drachme fut un drame. Quant à l’Europe actuelle... 

 

Même si l’adhésion à l’Union Européenne nous fut bénéfique, avant l’arrivée de toutes les peuplades de l’est de l’Europe, cette structure financière ne représente plus rien, ne véhicule plus aucune des valeurs dont ses fondateurs l’avaient dotée. J’ai compris pourquoi les Français avaient refusé le projet de Constitution Européenne (même si votre Petit Nicolas l’a remis sur le tapis au mépris de la plus élémentaire démocratie). Est-on par exemple

capable sur ce vieux continent d’enclencher un gigantesque boycott à l’en- contre d’Israël ? Non, l’Europe emboîte le pas de l’OCDE qui a admis en son sein une nation incluant dans sa population les habitants des territoires occupés sans que cela gêne qui que ce soit. Je sais, vous allez encore dire que je mélange un peu tout, mais pas tant que ça. Une organisation qui n’est mue que par des intérêts financiers devient un danger public pour ceux qui la composent et pour leur entourage. Et l’Europe est devenue ce « machin » dont parlait de Gaulle à propos de l’ONU. Alors, quoi faire, me direz-vous ? 

 

Bon, je n’ai pas la réponse toute prête. Mais il y a, au moins, des solutions à éviter. Faut-il avoir perdu la tête à ce point pour baisser les impôts, supprimer la taxe professionnelle, offrir quelque 4 milliards d’euros aux restaurateurs, mettre en place ce que vous appelez «Le paquet fiscal » et autres mesures de ce style au moment où on cause de déficits publics abyssaux ? Alors, quoi faire, me redirez-vous ? Peut-être tout simplement laisser « flotter » cet euro dont la force ne nous rend pas vraiment compétitifs à l’export. Le seul risque majeur qu’on prend, c’est de manger très chaud les importations de matières premières si d’aventure le prix de celles-ci explose. Mais peut-être, finalement, que ça nous obligerait à consommer et à vivre différemment. Une autre solution, c’est, au risque de faire hurler les économistes (qui se sont pourtant vautrés dans leurs analyses depuis quelques années), de baisser la durée du temps de travail, au moins dans certains secteurs professionnels. Ce serait une manière de faciliter les embauches (je pense notamment au secteur hospitalier, pour lequel les 35h ont été catastrophiques et pour lequel un passage aux 32h obligerait l’Etat à embaucher, et non pas à laisser le même personnel avec les mêmes charges de travail avec des heures en moins, comme ça s’est déjà produit avec les lois Aubry), quitte à laisser filer les déficits publics. Encore qu’à terme, moins de demandeurs d’emploi, ça fait plus de cotisations et, donc, plus de rentrées dans le budget de l’Etat.

Bon, là, j’y suis, aux 4100 signes. Juste le temps de vous inviter chez moi, quelque part dans le Péloponnèse ou en Crète, ou bien encore dans l’une de ces îles dont on ne revient pas, des fois... Allez, athio !

 

Zarbi Le Groc