Habitat Individuel et Energies Renouvelables
Nous donnons ici le regard que porte Jean Claude Laclau, -maître d’œuvre installé dans la région lyonnaise- sur la question de l’intégration des énergies renouvelables dans la construction. Il a vu d’une part évoluer les législations tout au long de sa carrière, et d’autre part il a vu aussi les donneurs d’ordres se mettre progressivement au vert. Dans son domaine d’activité, -la réalisation de bâtiments pour une grande enseigne de la distribution- il a pu observer des évolutions significatives tant dans le respect de l’environnement, que de l’intégration des technologies liées aux énergies renouvelables. La traçabilité qui s’impose aujourd’hui a également contraint les professionnels à plus de rigueur, et à hausser simultanément leur niveau de compétence. Selon lui, le savoir faire acquis en matière de construction industrielle ne peut que bénéficier désormais à l’habitat individuel et collectif. Mais le léger surcoût d’investissement susceptible d’être rapidement atténué par les économies d’énergies, concerne surtout la construction neuve. Ceci est beaucoup plus aléatoire en matière de rénovation.
Les préalables
La mise en œuvre des technologies nouvelles reste impérativement liée aux préalables, respectant les contraintes édictées dans la réglementation RT 2005 - bientôt remplacée par la RT 2010 - et suivantes, toutes plus sévères les unes que les autres, en matière d’isolation des constructions. Une conception amont soignée des ouvrages : isolations des toitures et des murs, de même que la mise en place de vitrages isolants posés dans des huisseries à rupture de ponts thermiques est donc fondamentale, avant d’envisager tout équipement utilisant ces nouvelles technologies.
La synthèse qui suit s’adresse à des applications domestiques des énergies, dites renouvelables, c’est à dire si possible gratuites ou au moins de faible coût. Ce propos ne concerne pas les applications industrielles ou commerciales (spéculatives ou non) concernant les énergies solaires et éoliennes.
La géothermie
Excellente solution utilisant l’énergie calorifique à température constante présente dans les sols associée à une pompe à chaleur alimentant un serpentin d’eau glycolée sur dalle et sous chape. La constance de température initiale permet de garantir le confort intérieur sans apport complémentaire – onéreux - durant toute la saison de chauffe (ou à peu de chose près). Le principal avantage de cette solution est sa pérennisation dans le temps, les seuls frais à supporter étant la maintenance du matériel. Il importe de favoriser le captage vertical par rapport au captage horizontal, la stabilité de température étant mieux garantie dans le premier cas.
L’aérothermie
Même principe que la géothermie mais faisant appel à une technologie air – air. Cette solution est nettement plus aléatoire, les températures initiales n’étant pas constantes ni garanties. De plus, les pompes à chaleur voient leur rendement diminuer fortement quand la température extérieure baisse, ce qui rend quasiment obligatoire un appoint de chauffage (variable suivant les régions).
L’éolien domestique
Cette technologie fait appel soit à un « petit » aérogénérateur (mini éolienne à 3 pales) ou à une éolienne multipale identique à celles utilisées dans le passé pour pomper l’eau dans les campagnes. L’énergie mécanique produite par le rotor est convertie en énergie électrique par une génératrice qui transforme le courant électrique obtenu, aux besoins domestiques par le biais d’un onduleur.
Le principal inconvénient de ce dispositif c’est qu’à l’évidence il ne fonctionne pas en l’absence de vent … et sa régulation est impossible, il n’y a pas de possibilité de stockage de l’énergie produite. Un appoint s’avère indispensable.
Le photovoltaïque domestique
Cette technologie utilise une énergie inépuisable pour un bon bout de temps encore. Son principal inconvénient réside dans son coût d’installation pour résoudre globalement la problématique du chauffage. De plus, les durées de vie des matériels proposés (panneaux et onduleurs) sont sujettes à caution. La prudence est donc de mise au moment de choisir et de s’interroger sur les délais annoncés par les fabricants de matériels.
C’est une excellente solution cependant pour la production d’eau chaude sanitaire.
Le chauffage au bois
Le plus rustique des modes opératoires mais aussi un des plus conviviaux si on a la chance de posséder une cheminée. Le rendement est meilleur dans une construction à 2 niveaux mais un bon réseau de gaines peut faire l’affaire. Reste à habiter une région forestière (ou posséder une forêt) afin de limiter les coûts. L’amplitude du prix du stère de bois varie facilement du simple au double selon les régions.
Une variante moderne du bois consiste à brûler des granulés. Cette version est semble-t-il bien maîtrisée dans des régions comme les Landes et largement répandue pour le chauffage de certains établissements publics.
Il n’en demeure pas moins que le recours aux énergies renouvelables sera beaucoup plus profitable avec des retours sur investissement assez rapides dans le cas d’un habitat neuf. Pour les constructions anciennes, les surprises risquent d’être au rendez-vous. Il devient alors beaucoup plus aléatoire de réaliser de bonnes isolations, qui risquent de s’avérer assez coûteuses.
On semble admettre de manière assez régulière maintenant qu’une construction labellisée BBC (bâtiment à basse consommation, nécessitant moins de 50 kWh par mètre carré et par an) représente un surcoût de 10 à 15 % par rapport à une construction traditionnelle, mais que ce surcoût doit assez rapidement être amorti par les économies d’énergie réalisées.
Yandé

