La Mariée était en noir

 

5 heures du mat. Jérémie se retourna pour la cinquante – et - unième fois dans son lit. Incapable de trouver le sommeil. A ses côtés, Rokia ronflotait gentiment, ses longs cheveux lui chatouillant le nez. Elle avait l’air d’un chat. La même souplesse. La même douceur. La même férocité, aussi, parfois. Mais la balance était forcément positive. Jérémie songeait au parcours de ces derniers mois jusqu’à ce jour.  D’abord, la tête de sa mère quand il lui avait présenté sa douce et tendre. Qui ne correspondait pas vraiment au stéréotype qu’on peut se faire de la Béarnaise de base. Un peu plus bronzée que la moyenne, Rokia. Plus féline, plus élancée. Le choc avait été un peu plus rude quand Jérémie lui avait annoncé qu’en fait, ils s’étaient déjà mariés, trois ans auparavant, histoire d’avancer les papiers de naturalisation de la belle Malienne, désormais Française depuis quelques jours après une bataille administrative de tous les instants. 

Le coup de grâce lui avait été asséné lorsqu’ils l’avaient informé que tout était prêt pour une grande fête, quelque trois mois plus tard, le temps de lancer les invitations. 

Solange s’était assise, atteinte d’un mutisme que son fils ne lui connaissait pas. Un véritable saisissement pour elle qui croyait pourtant tout savoir de celui qu’elle avait porté, puis couvé jour après jour, de la première dent à la première petite amie, suivant ses exploits scolaires et sportifs, vivant par procuration ses moindres aventures. 

Organiser la fête prévue en présence de tous les proches n’avait pas été le plus simple. D’abord, trouver la salle. Puis le traiteur. Un peu plus d’un an à l’avance,  juste pour trouver une disponibilité lors d’un de ces ponts du joli mois de mai. Ensuite, quelqu’un pour la musique. Ils avaient opté pour un orchestre, en alternance avec leurs propres choix musicaux programmés à l’avance. Puis la déco et les petits « plus » indispensables à la fête. Là, ils s’étaient laissé guider par Bernard, Le spécialiste en la matière. Le plus délicat, au fond, avait été le placement des convives. Mille fois refait en fonction des complicités et des inimitiés connues.

7 heures. La tête encore dans les étoiles, les deux tourtereaux mirent le nez à la fenêtre. Une brume légère enveloppait les collines surplombant la maison. Le soleil s’annonçait, comme une promesse sur cette journée, sur les milliers de journées qui suivraient. Rokia se sentit nerveuse. Les siens arrivaient par l’avion de 10h45. Sans encombres, espérait – elle. Ils feraient sensation, à coup sûr. Ils étaient colorés, avaient le verbe haut et n’allaient pas passer inaperçus, même s’ils n’étaient pas très nombreux. Cerise sur le gâteau, personne, du côté de Jérémie, ne connaissait l’élue de son cœur. 

11h. Sauvagnon. A quelques encablures de l’aéroport. Les premiers convives arrivèrent dans la salle. Les Pyrénées se dressaient, fières,  « Jean – Pierre » en fond d’écran, enveloppé dans un subtil couvre – chef laiteux, comme souvent. On pouvait distinguer, au loin, trois véhicules de police. Peut-être un Ministre qui venait visiter le coin, qui sait. Solange reçut alors cet étrange texto : « Surprise ! Changement de programme. L’apéro se fait dans un Airbus. Faites vite, et amenez tout le monde, orchestre compris ! ». « Ils m’auront tout fait », songea – t – elle. Un quart d’heure après, la centaine d’invités pénétrait  dans l’enceinte aéroportuaire, sous l’œil ahuri des policiers qui entouraient les derniers arrivants de la fête. « Commencez à jouer, vite », demanda Jérémie aux musiciens. Et ceux-ci entamèrent une tarentelle endiablée, entraînant jeunes et vieux, fonctionnaires en képi et danseurs en boubou, dans une transe extatique. Les « Contrôles d’identité ! » furent internés dans les soufflets des accordéons diatoniques, les menottes passèrent de mains en mains, le préfet cria « Mes quotas, mes quotas ! » et le cortège reprit le chemin inverse, avalant les parents de Rokia au nez et à la barbe de la maréchaussée médusée.

13h. Il était temps de passer aux choses sérieuses. Le grand-père de Jérémie entama alors un vibrant Beth Ceu de Pau dont la rythmique, au fil des mesures, prit d’étranges allures. Au loin, un Airbus décollait. Jérémie et Rokia se regardèrent en souriant. Un sourire tout en couleurs. Comme cette fête qui allait continuer à les unir. Envers et contre tout.

 

Zarbi Le Grocq

 

 

La Zique

 

C’est un des ingrédients majeurs d’une fête réussie, mariage ou pas.

Déjà, prendre contact avec des «animateurs» de tous âges, et comparez  les prix.

Pourquoi de tous âges ? Parce que certains DJ  ne sont pas sortis de la Danse des Canards, et d’autres ne jurent que par Laurent Garnier. Premier point : dans un mariage, il y a plusieurs générations. Et, par définition, les goûts musicaux, même s’ils peuvent se rejoindre sur des grands classiques, sont quand même très différents selon qu’on est septuagénaire ou jeune marié. Donc, le mieux, c’est une montée en puissance qui part des musiques les plus anciennes (André Versuchen et son accordéon magique constituent la limite généralement admise), qui passe ensuite par des titres plus consensuels (vieux rocks par exemple), pour plonger dans les décennies 80, 90 et 2000. Après, il y a les incontournables pénibles qui semblent avoir été écrit pour ce type d’événement. On citera en vrac les tubes de Gilbert Montagné ou ceux de Gold, que le public semble trouver indémodables. On peut toujours demander à les éviter, mais les animateurs rechignent à hypothéquer ces grands moments de franche camaraderie. Dans ce cas, profitez-en pour faire un tour dehors évacuer les premières vapeurs d’alcool qui se sont immanquablement concentrées autour de votre petite personne. Là, d’ailleurs, nous touchons du doigt une des règles de base concernant la zique : passer du temps avec celui qui fera danser la foule en délire, vérifier sa CD thèque, lui fournir éventuellement les morceaux que vous souhaitez absolument, et lui indiquer l’âge moyen du public, les écarts types et tout et tout. Autre écueil pas forcément facile à éviter, mais qui peut se «sentir» : tomber sur le lourd de service qui se sert du micro pour son propre show en oubliant de rester discret. Il y a aussi un piège qui peut provoquer quelques soucis et plomber une ambiance : la distorsion entre le matos de l’homme du son et l’équipement du lieu que vous avez loué. Prenez les salles des fêtes, par exemple. Elles ne sont pas toutes dotées de prises triphasées, par exemple, nécessaires à certaines sonos. Vérifiez avant, ça évitera de finir la soirée à 1h du mat. Et prenez soin de noter dans un coin le numéro de téléphone d’un voire de deux élus municipaux chargés des problèmes électriques. Faites attention : souvent, le week-end, les conseillers municipaux, qui sont aussi des gens comme vous, partent...en week-end. Et le téléphone peut sonner longtemps.

Donc, si on résume : là encore, on prend du temps pour tout caler avant. Et on compte sur la présence d’esprit du chef d’orchestre pour «sentir» les titres qui vont fédérer autour d’eux la population d’un soir. 

 

 

 

Les «Plus» qui font la différence...

 

- la «rétro» des vedettes de la fête. 

Là, c’est le boulot des copains et de la famille. Il y a un gros travail en amont. Il doit y avoir des «rabatteurs» de photos et autres documents palpitants, chargés de mettre la main sur les images qui feront mouche. Une adresse mail où les scans atterrissent, avec un délai, indispensable pour faire du bon boulot (3 semaines avant, ça laisse du temps), et c’est aux scénaristes d’intervenir pour donner un ordre à ces visuels et, surtout, faire un commentaire adapté aux deux tourtereaux. Deux solutions : commentaires en direct (avec micro et texte déjà écrit), ou bande son préenregistrée. ça demande un peu plus de temps, de matériel, mais on peut faire des effets spéciaux sympas. Côté images, ce qui marche toujours, ce sont les photos de la petite enfance, puis de l’adolescence.A noter un des gros avantages des technologies modernes : Photoshop permet de gommer les ex, ou pas, c’est selon le sens de l’humour des futurs conjoints. Le mieux, c’est de faire un PowerPoint (c’est pas sorcier, je l’ai déjà fait, c’est dire...). Un rétroprojecteur, un écran et un ordi sont nécessaires. Le diaporama, c’est vraiment pour les dinosaures, même si on trouve encore ça dans les zones les plus reculées. La durée du show ? Entre 20 minutes et 1/2 heures. Moins, on est frustré, plus long, on commence à bailler. Et si c’est bien fait, ça met une ambiance très sympa. 

 

- La chanson 

Il y a toujours, parmi les frères et soeurs ou les amis, des artistes en herbe qui se feront un plaisir de composer une chanson. Le mieux, c’est de partir sur un air très connu, dont tout le monde peut entonner le refrain. Après ? Il suffit de reprendre les ingrédients du Powerpoint, les touiller, se moquer gentiment des tourtereaux ou de la vedette du jour en faisant allusion à leur vie antérieure et à leur aventure commune. 

 

- Le mini spectacle

Là, c’est un peu plus costaud, et il faut pas mal de préparation pour réfléchir au contenu et à la manière dont on va les agencer. Mais une fois que vous avez un fil conducteur et les «acteurs» pour interpréter ces tranches de vie, ça peut donner des moments à la fois drôles et émouvants. Et là encore, il faut glaner un maximum d’information sur la vie des stars d’un jour, privée, professionnelle, ancienne et actuelle. 

 

- Le feu d’artifice

C’est un peu «La cerise sur le gâteau». L’occasion de marquer encore un peu plus l’événement, qui intéressera toutes les générations. Seules règles de base : donner le rôle de l’artificier à quelqu’un encore lucide, et éloigner l’assistance, surtout les plus jeunes. Et quand il pleut, ça a des chances de tomber à l’eau...