DECEMBRE

 

Quand les informations se télescopent…

 

Le gouvernement a décidé de « jouer la carte identité », cette information tombée ce matin me laisse perplexe. Allez dire à tous ceux qui attendent leur carte d’identité nationale, et à ceux qui ne l’auront jamais, qu’ils s’engagent dans une démarche ludique et vont participer à un jeu de hasard ! 

 

Merci monsieur le Ministre d’apporter un peu d’humour en ces temps de grisaille. 

Et comme cela ne suffisait pas, le voilà qui développe son concept d’identité nationale : les valeurs, les principes, et la langue française en premier lieu. Que dites-vous, monsieur le Ministre ? LA LANGUE FRANCAISE ! Vous dites faire d’énormes investissements sur l’apprentissage de la langue française et la lecture ? Avec qui  et comment donc ? Il vous aura sans doute échappé que  votre collègue de la Culture vient de supprimer la Direction du Livre, et que des milliers d’auteurs, de professionnels et d’associations en sont à se poser la question de leur survie. Vous trouverez certainement une réponse, à défaut de solution, et de toutes façons le Grand Ordonnateur requalifiera toutes ces fadaises…j’ai une pensée pour  Marie N’Diaye, j’espère qu’elle ne vous entend pas depuis Berlin.

Un peu plus tard, une autre information relative au cinéaste franco-américain relâché de sa prison Suisse est développée. Le journaliste envisage sa fuite en France et semble l’espérer, car « l’Etat français n’extrade jamais ses ressortissants ». Merveilleuse France « terre d’accueil et d’asile ». Les mauvais esprits penseront immédiatement que c’est une bonne et suffisante raison, pour éviter de donner la nationalité française à n’importe qui…Avez-vous remarqué comment on qualifie certains ? Il y a les franco-américains et la franco-colombienne, mais jamais de franco-algériens ou de franco-sénégalais. 

 

Mais oui, monsieur le Ministre, je suis d’accord avec vous : on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. On peut juste l’exploiter, lorsqu’elle est déjà chez nous, et continuer à ignorer les travailleurs sans papiers qui cotisent pour la sécu, paient leurs impôts et se font botter le cul par des patrons véreux. Ils pourraient vous en parler de l’identité nationale, mais je doute qu’ils participent à votre Grand Débat National.

 

J’ai un ami, qui avait obtenu la nationalité française, après de longs mois de démarches. En février 2004, il surveillait sa boite aux lettres où devait arriver le précieux sésame. C’est là qu’il a été arrêté. Par quel tour de passe-passe, sa naturalisation a t-elle été retirée du Journal Officiel qui devait terminer le processus ? Mystère …. Un jugement du Tribunal de Nantes, quelques mois plus tard, a mis en demeure l’Etat Français de procéder à cette parution. Jugement non suivi d’effet. Mystère… Non, l’Etat Français n’extrade pas ses ressortissants mais peut les contraindre à disparaître. 

Ce serait quand même fort de café (brésilien !), si on se rendait compte que le détenu qui croupit depuis trois ans dans la prison de Papuda à Brasilia, est un ressortissant français ! Ainsi, Cesare Battisti, notre compatriote français, avait choisi de faire confiance au Pays des Droits de l’Homme et des Lumières, à la France terre d’accueil, et à la trilogie des frontons de nos mairies : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE…

 

  Marianne