Mirifiques Factos et, surtout, admirables Tummeuses!
C’est en ce mois sacré que je m’adresse à vous, fâ-â-â-mes et vous, féministes de tous crins, car ce mois est celui du 8 Mars! Qu’importe si ce 8 Mars est encadré de -attendez, je compte- sept jours avant, vingt trois jours après, qui ne sont plus dédiés à la FEMME mais plutôt aux torchons, aux crèches introuvables et trop chères, aux humiliations et harcèlements, au seul titre que tu es une gonzesse, aux discriminations salariales et tout ça.
Quant au reste de l’année, aux morts par coups et blessures infligés par un conjoint aimant, aux viols de guerre et de paix, aux excisions et tutti quanti, comptez sur moi pour ne pas même y faire allusion.
Non, la Femme se porte bien! Elle se porte mince, élégante, toujours jeune, à l’aise dans ses jeans et ses baskets, manucurée et sûre d’elle, battante et chef d’entreprise, mannequin modèle, épanouie et créative, représentante en représentation de l’éternel fê-ê-ê-minin.
Mère et femme, capitaine d’industrie avec trois enfants tous éduqués dans les meilleures écoles, tous très gentils et très polis et prêts à prendre la relève de maman. Bien sûr, mais où ai-je les yeux?, dans le coin, là, je vois l’employée de la Poste –bientôt privatisée-, qui va être virée, la femme de ménage de toute couleur, l’auxiliaire de vie qui court, la caissière du Super, soumise aux quotas à la minute de marchandises à scanner, les ouvrières d’usines à dégraisser, les jeunes filles enceintes qui veulent avorter mais on va leur faire payer et fort.... Enfin, rien que le tout venant de la vie qui va.
Et puis, je pense à tous les sourires de mes amies, à leurs colères, à leur humour et à leurs larmes, aux filles du Journal qui speedent et tapent, démarchent, interviewent, rédigent et conçoivent; et, au delà, aux femmes du monde, à leur patience, aux femmes enfermées dans des prisons de coton, dans des prisons de béton, muselées.
Je pense encore aux femmes-soleils et aux femmes-lunes qui réchauffent et apaisent, qui colorent, chantent et écrivent le monde, qui secourent et militent, partout et depuis toujours.
Car, pour finir, la Femme, ou plutôt les Femmes, c’est tout le temps! Champagne!
Miss Mart