LETTRE OUVERTE
Madame la Ministre et chère madame,
Je viens de recevoir le bon de vaccination contre la grippe A/H1N1 et je suis au regret de vous faire savoir que je ne me rendrai pas au centre de vaccination qui m’est indiqué et ne me ferai pas vacciner.
Ne voyez aucune animosité dans cette démarche, je n’ai rien contre la campagne de vaccination que vous avez engagée, je n’ai aucune opinion sur la dangerosité du produit inoculé et je ne cherche pas à manifester une quelconque opposition au gouvernement en place.
Tout au contraire, j’aurais bien voulu pouvoir vous aider à résorber les excédents de vaccins mais malgré ma bonne volonté à votre égard, il m’est impossible de me déplacer donc de me faire vacciner sauf si vous avez l’intention de faire des campagnes en cimetière, jardins du souvenirs et autres lieux de mémoire car je peux vous assurer que je suis bel et bien décédé. Cet état définitif n’est pas récent et je ne comprends pas que mon nom figure encore sur des listes « actives » alors que je ne le suis plus depuis bientôt six ans.
Je tenais à vous faire part de cette « anomalie » qui n’est sûrement pas isolée. Elle vous aidera sans doute à mieux comprendre l’estimation des 90 millions de doses initialement prévues et peut-être pourrez-vous décider les Autorités Sanitaires à remettre à jour leurs fichiers plus que caduques en prévision de la prochaine pandémie.
Sur l’enveloppe à en tête de la République Française figure le logo « Stop aux virus de la grippe », comme le pluriel est utilisé, je me permets de vous suggérer d’y adjoindre celui qui m’a fait passer de vie à trépas et tous les nosocomiaux qui font plus de ravage que la grippe, toutes catégories confondues. Enfin, puisque de là où je suis je peux me permettre une vision d’ensemble, je vous recommande de lancer sans tarder un immense programme de recherche contre un virus extrêmement virulent qui ne tardera pas à enterrer le pays tout entier si l’on y prend garde, celui de l’incompétence.
Pour Louis Olès, décédé le 5 juin 2004
Sa fille Lucie Abadia
Les Hommes Malades du Stress
Un mal qui répand la terreur
Un mal-être que le Ciel, par erreur,
Inventa pour le plaisir des grands Patrons de la terre,
Le STRESS, (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir les plus cupides maquignons,
Faisait aux Salariés, une sale guerre.
Ils ne se suicidaient pas tous, mais tous en étaient frappés :
On n'en voyait plus beaucoup de vraiment motivés
A participer aux objectifs de leurs entreprises.
Ni les ouvriers, ni les cadres ne s'impliquaient plus ;
Même l'appat des primes et 'heures sup' n'étaient de mise,
Même, le fameux "Travaillez plus, pour gagner plus",
D'émanation Présidentielle, ne séduisait les Camarades.
Nul doute, nos Travailleurs étaient vraiment malades !
L'entrée de 'downsizing' * dans les Entreprises et les Administrations,
C'est la descente aux enfers dans les Sociétés
Des frais généraux et des effectifs, ..... tragiques réductions
Seules comptent, productivité, compétitivité et rentabilité !
De la pression qui en découle, tu jaillis mortelle détresse !
Fi des Valeurs Humaines, ton ombre est le Stress !
Et de suicides en suicides, le travail est l'hécatombe
Bientôt le futur de l'Homme, sera sa tombe !
Un 'grand Patron' tint conseil, et dit : "Mes chers amis,
Je crois que par sa justice divine, le Ciel nous punit
De tous nos péchés et de notre âpreté à faire fortune !
Il serait peut-être bon, que le plus coupable d'entre nous,
Se sacrifia, pour étancher les traits du céleste courroux ;
Peut-être obtiendrions-nous ainsi, une guérison commune !
Pour une fois, soyons honnête, disons sans indulgence
L'état profond de notre conscience.
Pour moi, j'avoue que pour gonfler bénéfices et profits,
J'ai certainement trop harcelé mon Personnel
Au point que certains, de leur vie, en ont payé le prix.
Mais savais-je, que le Travail en overdose, était mortel ?
Néanmoins, je me dévouerai s'il le faut, mais il est bon
Que chacun ici, s'accuse de ses défauts de Patron ;
Afin qu'en toute justice, le plus coupable d'entre nous, périsse.
Mais Président, dit un flatteur, vous êtes bien trop honnête ;
Vos scrupules, font voir l'Homme juste que vous êtes !
Est-ce un grand péché, de décompter quelques Suicidés,
Quand notre nouvel adage "Travailler plus", l'a décidé ?
Peut-être même, que ces Gens ont été 'Fiers' d'être morts,
Pour que brille "toujours plus", notre 'Veau d'or'.
Ainsi dit le flagorneur, et tous d'applaudir !
Et, aucun n'osa trop approfondir.
De Renault, ni de Peugeot, ni d'EDF et autre France Télécom,
Ne révélèrent d'impardonnables offenses.
Tous ces vils exploiteurs, de la sueur des Hommes,
Tous ces profiteurs n'ayant que l'argent, pour desseins
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
Un artisan gêné, vint à son tour, et dit : j'ai souvenance
Un soir, d'avoir 'obligé' un Salarié à travailler
Deux heures de plus, pour terminer une commande,
Alors que sa femme devait accoucher !
Qu'avais-je à le forcer ainsi ? Je vous le demande.
Là, j'ai été aussi têtu qu'un âne ! Que n'ai-je de regrets.
A ces mots, on cria haro sur le baudet !
Un PDG véreux, comme le sont tous, au CAC quarante
Vint à la barre et prouva par sa harangue,
Qu'il fallait trucider ce mauvais petit mitron,
Ce pelé, ce galeux, d'où venaient tous leurs problèmes.
Et sa peccadille, ne justifiant d'aucun pardon,
D'une seule voix, tout le MEDEF lui jeta l'anathème
Rien que la sentence suprême, était seule capable
D'enrayer la "mode" de tous ces suicides abominables !
Selon que vous serez un Patron, puissant.... ou, misérable,
La Justice vous déclarera : acquitté...... ou, coupable !
Raymond Monedi
décembre 2009
* 'Downsizing' : Terme provenant de l'anglais, (1987), peut se traduire par "réduire la taille". Mot utilisé pour la Réduction des dimensions des voitures, par les industriels. C'est aussi un type de 'restructuration', ou de 'réorganisation', synonyme de 'dégraissage', qui a pour but de rationaliser et de rétrécir la structure organisationnelle des Entreprises, en réduisant : les effectifs, les frais généraux et les échelons hiérarchiques.
Revue vite fait !
Petite devinette à la coule pour commencer. Qu’est-ce donc qui rassemble l’égérie masculine de notre écologie nationale, le chef de notre fier pays, l’employé d’une entreprise privée censée vous faire retrouver du travail et le très jeune héros d’une BD aujourd’hui portée à l’écran, hein ? Vous donnez la langue au chat ? Le sympathique prénom, bien sûr, de Ni-co-las !
Et là encore je rejoue à « un petit cochon pendu au plafond….plouf, plouf » en trichant, c’est plus rigolo, afin d’être certaine de tomber sur le dernier. Je m’explique.
Le premier Nicolas charme, avec sa gueule d’ex-baroudeur sponsorisé, recyclé avec moult sincérité et naïveté - hum hum !- dans l’entreprise écologique. Il se met en scène, sans aucun débat contradictoire ni autre intervenant que lui-même, dans un film, « Le syndrome du Titanic », supposé militer pour l’avenir de notre planète. Et, soutenu financièrement, comme naguère, par les mêmes EDF, TF1, Bouygues télécom ou l’Oréal, ce héros médiatique utilise hélicoptère et avion de chasse pour parcourir notre Terre catastrophée à l’agonie. En effet, le même Nicolas, promoteur de la taxe carbone qui va pénaliser les ruraux et les moins argentés, arrive, avec ses images désespérantes et sa voix sépulcrale, à « nous dégoûter de l’écologie », écrit la chroniqueuse de Marianne2, le 24 de ce mois. Foutus pour foutus, se dit-on, autant accélérer le processus et danser jusqu’à ce que notre Terre se désintègre! D’autant que le sombre aventuro-caballero de l’Apocalypse ne glisse mot ni des déchets nucléaires, ni du « temps de cerveau disponible », pas plus que des ondes magnétiques ou des animaux cobayes des Laboratoires cosmétiques (voir les sponsors cités plus haut..). C’est à peine si on entend parler du capitalisme et encore, uniquement dans sa variété « sauvage » !!! Bref, un film tellement lamentable que, dans leur émission radio du 18 octobre, nos humoristes critiques du « Masque et la Plume » l’ont rebaptisé « Les Carences de Mr Hulot » !
Mon second n’est qu’un produit épiphénomène d’un système de société superficielle, pressée, arrogante, cynique et grossière, basée sur le fric, devenu valeur suprême. Au même titre qu’un Berlusconi, auquel un peuple, sans doute en mal d’homme fort, médiatique et porté à la gaudriole machiste, pardonne, à chaque fois, les frasques et les affaires douteuses. Mais notre Nicolas est plus malin encore. Lui s’est marié, et bien, à une belle roucoulante, soucieuse de social ( !!!), qui, par sa seule présence, lui fait un max de pub. Et ça, pour l’audimat, il s’y connaît ! Comme son compadre italien, il s’exprime beaucoup et partout sur les écrans extra plats de nos vide-cervelles. Et résout tous les problèmes !
L’un d’eux néanmoins ne cesse de l’irriter : ces immigrés qui furètent comme des rats sur le bateau France. Sous son ministère de l’Intérieur, déjà, fallait faire du chiffre. Maintenant que c’est lui le patron, il délègue, mais gaffe aux quotas d ‘expulsions. En 2008, le regretté Hortefeux avait renvoyé manu militari dans leurs pénates 29.696 sans papiers, 4000 de plus que son objectif, et Mr Besson semble bien parti également puisqu’il a déjà comptabilisé, entre le 1er Janvier et le 31 Juillet de cette année, le nombre coquet de 17.350 expulsés ! À ce propos, les trois Afghans, ramenés « chez eux » - le quatrième ayant fait un tel barouf qu’il a été remis en centre de rétention -, ne sont pas du tout de Kaboul mais, selon les informations données par caamlg@free.fr, de différents villages afghans soumis à la terreur des Talibans. Mediapart, quant à lui, nous livre les méthodes préconisées dans le « Manuel des policiers du PAF pour réussir une expulsion forcée ». Il y est notamment enseigné comment « tranquilliser un étranger en situation irrégulière, lors de son expulsion, comment serrer son cou pour l’empêcher de crier et la manière de détourner l’attention des autres passagers pour éviter qu’ils ne se rebellent…
Le troisième Nicolas est conseiller à Pôle Emploi. Peut-être a-t-il fait partie du gros tiers des employés de cet organisme qui ont fait grève, ce 20 Octobre. Avec les syndicats et Sud Emploi. Et si oui, il a eu raison. Les chômeurs, il en voit défiler, aussi impuissants qu’il est, lui, à les aider. Il faut aller vite, les recaser, n’importe où, dans des boulots pas faits pour eux, on s’en fout, atteindre des quotas pour faire baisser les statistiques. En plus, depuis la fusion, ce n’est même pas leur service qui s’occupe de placer et d’accompagner les gens. Sous-traitance et compagnie, on les abandonne, oui… En plus, systématiquement, on les convoque à date fixe pour un entretien unique et vogue la galère ! Nicolas se sent mal. Les collègues, c’est pareil, même les cadres craquent. Chez eux aussi, il y a eu des suicides… Allez donc travailler et le cœur gai en plus, dans cette ambiance ! Souvent, le jeune homme revient chez lui, le moral serpillière et court se réfugier au lit, dans les bras consolants de son amie. Après, tout ce qu’il lui reste, c’est la manif, dans la rue, la énième d’ailleurs mais pas le choix, il faut continuer. Son copain Luc n’a pas voulu y aller, peur d’être viré, plus de boulot, se retrouver de l’autre côté… Nicolas ne peut pas le blâmer.
Et voici « le Petit » dernier, mon favori, mon chéri. Parce qu’avec lui, livraient Sempé et Goscinny à Pierre Dumaillet, c’est leur enfance retrouvée. Une vie de mômes, pas moins dégourdis qu’aujourd’hui, mais peut-être plus simples parce que moins soumis à la technique, l’électronique et…- et non, je ne me la ferais pas facile !-, de facétieux garnements auteurs de bêtises plus ou moins grosses, dans un monde encore protégé mais jamais démodé. Des gentils gosses, Nicolas et ses copains. Alceste, le gros, qui mange tout le temps et Rufus ; son père est agent de police, alors il a un vrai sifflet à roulette et, forcément, au foot, c’est toujours lui l’arbitre. Et puis il y a Clotaire, le dernier de la classe mais le seul à avoir une télé chez lui, ce qui lui confère un grand prestige. Et Eudes, le plus fort, qui a tendance réserver ses coups de poing à ses amis parce qu’il est timide; Maixent qui court presque aussi vite que Nicolas, Geoffroy le fils à son riche papa et Aignan, le premier de la classe et le chouchou de la maîtresse, évidemment ! Et celui qui raconte, Nicolas, six ans et des poussières, turbulent et un peu colérique sous sa tignasse noire mais très sympathique quand même.
Un monde pas si loin, de trottinettes rouges et de vélos sans casques, on allait à l’école à pied ; un monde sans ceintures de sécurité, ni portables, ni jeux vidéo, un monde où on pouvait traîner…
Miss Mart.