BILLETS D’HUMEUR
Avril
Montée de sève.
Une rallonge est proposée chaque année, par périodes répertoriées et qui ne prêtent pas à discussion. Ne pas prêter de jours est d’ailleurs l’un des principes de base de la sagesse populaire. On y retrouve le grand-père et son petit-fils, de la tante à la fille : les fils se renouent, l’axe s’écoule fluide, en larges gouttes de giboulée, averses ambiguës et sereines qui inondent le nouvel être des connaissances antérieures.
Quant à tout découvrir, cela viendra plus tard, après avril, après, mais l’heure est encore aujourd’hui à la taille, fructifère, précise, traditionnelle, en un mot : séculaire. A l’heure où l’on écrit, les vieilles branches sont tombées, on rase les bougeons, les plus agiles se mettent à distance, et les plus forts sans effort apparent serrent le cocotier. Pendant que le vent qui hurle fait voler les cocottes en papier, les oeufs préparent leur éclosion, au fond de nids tressés de frais et propres et douillets, et, sans un bruit, le courant remonte vers les pentes. Poules au poulailler, coq bien gardé, crête révélatrice et ergots de combat, tout est prêt pour la suée d’hormones : c’est ainsi que les gorgées sont chaudes. Elles viendront à point.
La saison se prépare, on assure déjà les fils de la lignée lorsque l’on rêve, dans les îles lointaines, de carpes de printemps. A ce moment, marqué depuis toujours par les contes anciens, la nature déclenche : on bataille tout près, provisoirement, bercés de la lumière molle des étoiles, près des roches qui flanchent, dans les flaques ajourées de gris des plaines de goudron. On bataille sans force, on crie sans bruit, on pleure sans pleurer, le printemps se déchaîne, sans Pâques ni agneaux, les vapeurs de pulsions sont jetées à la rue. Les rumeurs, les envies, les désirs fous, les amours délayées, les visages entrevus et les amants lointains, tout en bruine se lave, et dans les longs couloirs où se joue notre vie, derrière les bureaux noirs des acteurs financiers, là où le pognon frais n’a que le goût des chiffres, là dans un calme flou, en cravates factices, la pluie et le beau temps se mettent à genoux. Ils rampent tête basse, corde au cou, en chemise de drap : les bourgeois du décalage ont perdu la partie, la place est nette pour les chiens, et l’on dit que les loups, les vrais, ont fui très loin vers les plaines du nord.
Le printemps dans la boue, les marches englouties, les marchés sans loyers, les pailles et les bottes, tout en un seul paquet est vendu à la foire. Placiers foireux dont l’âge sans printemps a fait déplacer les raideurs. Raideurs fous, raideurs folles, dans l’amollissement, la désagrégation lente de nos cerveaux, quand nous considérons que devant les écrans nos plus belles saisons sont passées. Elles passeront encore, et, pleurant de rage, empaillés, isolés, nous verrons le passé grimacer dans la brume. Notre capacité de résistance en hommes, en femmes, aurait-elle fondue ? Carnaval a brûlé, la saison est venue de mettre à bas les masques.
Jean-Luc Vertut
Qu’est-ce que ZAZEN ?
C’est seulement s’asseoir, dans la posture juste, concentré sur la tenue du corps et la respiration, l’esprit libre, en posture d’éveil. Ni philosophie, ni éthique, ni religion, le zen nous permet d’accéder à l’origine de toute philosophie, éthique ou religion. Source d’éveil, le zen transforme notre vie quotidienne ici et maintenant.
Les trois piliers interdépendants de la pratique du zen sont :
- La posture du corps : assis au centre d’un coussin, jambes croisées, genoux au sol, colonne vertébrale droite
- La respiration : elle est profonde, paisible, concentrée sur l’expiration
- L’attitude de l’esprit : de la posture juste, de la respiration juste, naît l’attitude de l’esprit juste.
Loin d’être la recherche d’un état de conscience ‘supranormale’, ZAZEN est le retour à la condition normale du corps-esprit. Le monde court après des profits sociaux, les honneurs, les beaux vêtements et le confort, mais ces plaisirs ne sont pas la vraie paix. Si vous êtes intéressé, venez à Pau, au 14 rue Bernadotte à une des séances suivantes (sans engagement) : lundi à 12h20, mercredi à 19h20, jeudi à 12h20, vendredi à 6h35, samedi à 8h20.
Pau : 05 59 92 14 38
Tarbes : 05 62 34 33 67
Bayonne : 05 59 29 53 43
Marie-Pierre DAVASSE