BILLETs D’HUMEUR(s)
Mai
LES PRETEURS ONT GAGNE
Pour la reforme du crédit à la consommation, le Gouvernement a cédé (indirectement) à la pression du lobbying des banques et des établissements de crédit. Les préteurs ont gagné contre les emprunteurs. Les députés UMP et du Nouveau Centre ont voté en 1ere lecture pour ce projet. La gauche n’a pas voté.
Neuf millions de ménages en France utilisent des crédits à la consommation.
La ministre de l’économie et des finances avait indiqué pourtant : “ce texte vise à mieux protéger au quotidien les Français sans pour autant décourager le crédit à la consommation parce qu’il leur est utile et nécessaire.”
Or il n’en est rien. On va même créer de la consommation artificiellement… et la loi ne prévoit aucun garde fou. En effet :
1- Le répertoire national des crédits aux particuliers appelé « le fichier positif » est rejeté. Mais, pour faire passer « la pilule », il est créé un « Comité de préfiguration » pour un futur « répertoire ».
2- Une autre innovation supprimée, interdisait le démarchage « crédit » hors des lieux de vente (courriels, téléphone, poste).
Il y aura obligation pour les établissements financiers de CONSULTER (seulement) le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers sans aucune autre contrainte.
Le délai de réflexion est porté de 7 Jours à 14. C’est un bien... mais c’est de la poudre aux yeux!
Ce texte devait, d’après la ministre, “ changer la vie des consommateurs fragilisés par la crise.”
- Un regret, le manque d’ambition du projet de loi. Il devait, face à la crise, provoquée par les crédits toxiques, protéger les consommateurs du surendettement et équilibrer de fait les forces entre consommateurs et préteurs.
- Deuxième regret, la constitution du fichier positif est rejetée. Quel avenir pour le Comité de Préfiguration ?
- Une inquiétude, le sur endettement va continuer et ce n’est pas cette nouvelle loi qui empêchera les familles déjà fragilisées de sombrer encore plus dans les difficultés.
- Deuxième inquiétude, que seront les décrets en cours de préparation par le ministère ?
Restons vigilants !
Bernard Pédeboscq
FIÈVRE ÉRUPTIVE BÉNIGNE
Médire ou méditer, est-ce là la question ? Si l’on ausculte le calendrier, il nous dit « fais ce qu’il te plait... », mais la notion de plaire est incertaine, Je propose donc, pour l’instant de laisser là le concept de plaisir.
Le printemps est oisif, il plane au moment où un langage fleuri parfume les chemins quand, au-dessus des nuages, les cendres congelées d’un monde déjà mort flottent entre deux airs. Cinq jours ! Pendant cinq jours, l’Europe a interrompu tous ses vols, et, pour paraphraser Hugo Chavez, si les avions avaient été des banques, notre système libéral et financier en eut été volcanisé. Mais la vulcanisation à froid n’est qu’une étape temporaire, un bref instant, fugace et aérien où les vrais riches ont pu continuer de voler au-dessous des nuages, en hélicoptères, et où les presque pauvres sont restés atterrés sur les sièges incommodes des aéroports, à Bangkok ou à La Havane, regrettant peut-être furtivement ce bel argent envolé en compagnie de mineures pubères confirmées.
Les pédégés, quant à eux, ont persisté à patronner par le truchement intéressé des vidéoconférences. Au bout du compte, cela n’aura pas été le grand soir, à peine une petite fièvre éruptive, même pas encore généralisée. Pourtant la terre craque, laissant voir çà et là par les failles de ses blessures, son tempérament de feu qui couve. La pierre se disperse, les pigeons intrigués tournent dans la fumée. La terre se réveille ? Non, sûrement non : jamais elle ne s’était endormie, ni laissée se résoudre à quelques équations.
La terre tourne patiemment, chassant par épisodes les fourmis malhabiles qui courent sur son dos. Arrogantes. Le maître mot maîtrise a fondu comme lave au printemps, et, peut-être, simplement est-il l’heure advenue où l’on peut s’enivrer, buvant à même le grand vase où l’on mêle le vin que les Grecs appelaient cratère.
Jean-Luc Vertut
www.jlvertut.com