Luis Attack
Texte n°21
Cahier de chroniques de François Mazou
UN FAIT HISTORIQUE PEU CONNU DE LA GUERRE « CIVILE ESPAGNOLE» (1936-1939) : 500 Algériens ont combattu au sein des Brigades internationales.
Le Soir d’Algérie, du 7 mai 2009
Dans son livre « Islam y guerra civil española » , paru en 2004 à Madrid, l’historien espagnol Francisco Sánchez Ruano nous apprend que plus de 1000 volontaires des Brigades internationales du camp républicain provenaient de pays arabes.
Ils ont été « simplement » oubliés
Etranges étrangers : ces rescapés de la mémoire invités à mourir pour la République Espagnole, oubliés par l’Espagne et le Monde, ils s’appelaient Saïd, Safi et Mohamed… Ils ne monnayaient pas leur courage. Nous leurs devons Honneur et mémoire. Ces volontaires algériens provenaient des organisations syndicales, des partis socialistes ou communistes ou du mouvement anarchiste, mais on connaît d’autres cas de militants du Parti du Peuple Algérien (PPA) engagés aux côtés des républicains, comme ceux de Aïci Mohand ou S. Zenad, que cite Sánchez Ruano, en précisant que leur décision fut individuelle. En effet, les dirigeants nationalistes algériens montraient leur appui au Front populaire espagnol surtout en matière de propagande antifranquiste sans être pour autant partisans décidés de l’envoi de volontaires au front. Mais le président de la République espagnole, Manuel Azaña, enverra une lettre de remerciements à Messali Hadj pour une contribution matérielle reçue du PPA. Les Algériens enrôlés dans les rangs des Brigades internationales montraient, à travers leur position internationaliste, une détermination aiguisée par la conviction politique que la victoire du camp républicain impulserait l’émancipation des peuples maghrébins et du peuple algérien en particulier, comme l’exprimait clairement un autre Algérien, L. Balek, commandant d’une compagnie républicaine, qui disait dans un meeting : « Le peuple de mon pays est aussi opprimé que l’est aujourd’hui le peuple espagnol par le Grand Colon qui le ruine. Je donnerai jusqu’à l’ultime goutte de mon sang pour que les Algériens, les Tunisiens et les Marocains puissent arriver un jour à secouer leur joug et recouvrer la liberté. » L’erreur de la majorité des dirigeants républicains fut de sous-estimer cette soif d’émancipation des volontaires arabes venus combattre à leurs côtés.
Sánchez Ruano revient sur cette idée en avançant que les volontaires musulmans des Brigades internationales furent des « soldats de l’ombre » occultés par le nombre de « moros » de Franco, accusés (dans beaucoup de cas à tort) d’exactions de toute sorte. Selon lui, beaucoup d’hommes politiques républicains, de partis et d’organisations républicaines sont tombés dans l’erreur de mettre sur le même plan les arabes combattant dans les files franquistes et ceux des Brigades internationales, sans penser que ces derniers étaient là pour des libertés qu’on leur refusait dans leur pays : Maroc, Algérie Tunisie, Syrie… Quoi qu’il en fût, comme tous les volontaires des Brigades internationales, ces Arabes et musulmans, parmi eux les 500 Algériens, signèrent une déclaration avant de monter au front, qui se terminait ainsi : « Je suis ici parce que je suis volontaire et je donnerai, s’il le faut, jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour sauver la liberté de l’Espagne et la liberté du monde entier. » Des hommes comme Rabah Oussidhoum et Mohamed Belaïdi n’ont pas failli à cet engagement, au prix de leur vie.
La mémoire courte
Les guerres coloniales, succédant à la dernière guerre mondiale, présentent les mêmes ignominies, comme si faire la guerre pouvait conjurer les souffrances endurées. La Nation souveraine, ayant à peine retrouvée sa dignité, bafoue le droit des autres peuples à disposer d’eux mêmes. Ce fut ce que vécurent les peuples d’Indochine, de Madagascar, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de l’Afrique... Peuples congénères qui, dans les moments difficiles et tragiques de notre histoire, ont pris les armes dans les maquis de la résistance, présents dans 38 départements.
Au delà des anonymes, il y eut, au hasard, 52 tirailleurs sénégalais dans les maquis du Vercors et 14 africains parmi les 1030 compagnons de l’Ordre de la Libération (la plus prestigieuse des distinctions de la France). Ils furent distingués pour leur participation à la libération de Roman sur Isère le 22 août 44, et du quartier de la Part Dieu à Lyon le 3 septembre 44.
Les troupes Nord Africaines sont de tous les combats pour la Libération : à Monté Cassino où elles s’illustrent par leur courage ; dans la plaine des Flandres ou à Marseille, libérée par les Tabors Marocains ; 178.000 africains et Malgaches et 320.000 maghrébins appelés en 39/40. Et il y eut aussi, la FTP-MOI (Franc Tireur et Partisan Main-d’oeuvre immigrée).
La France doit retrouver la mémoire qu’elle a perdue à Setif
La nation souveraine, à peine a t’elle retrouvé sa dignité qu'elle revêt les habits du bourreau. Elle bafoue à son tour les droits pour lesquels elle a combattu . Pour sortir du trou noir des colonies la France doit retrouver la mémoire qu’elle a perdu à Sétif . Et s’il n'y avait que Sétif, il y eu les massacres de Madagascar, 1947 puis Haiphong, 1948… des semaines, des mois de tueries, et toujours ce trou noir dans la mémoire. C’est simple, depuis la capitulation de l’Allemagne nazie et l’Armistice signé à Paris le 8 mai 1945, les nations impérialistes colonialistes sont vite rentrées dans une nouvelle spirale de la violence faite aux pays sous influence ou sous domination coloniale. La France en bonne place. J’en veux pour preuves les guerres coloniales, et la fabrication/vente d’armement, 3eme pays au monde dans cette détestable « spécialité ». Je me demande ce que doit être le contenu de la publicité sur ces produits ? ; sont-ils vendus avec un porte clé sur les droits de l’homme, en souvenir de ceux qui n'ont pas eu la chance de pouvoir se défendre, isolés du monde par un blocus politique. Qui les a sacrifiés au
fascisme.
Européens Et Américains ont préféré pour l’Espagne (1936-1975) l’ignominie fasciste à toutes tentatives émancipatrices des classes laborieuses. Qu’ils enfermeront en son temps dans une démocratie libérale et anti communiste. Pour la France la « non intervention » a permis non seulement de trahir une république amie, La république Espagnole, mais aussi la Tchécoslovaquie, trahie à Munich, offerte à Hitler par la France et l’Angleterre, (il faut le faire).
Rien n’était assez important pour plaire a l’ennemi. En effet par le biais des banques centrales la France et l’Angleterre ont gardé d’excellentes relations avec les milieux financiers, les pays démocratiques voulaient à tout prix maintenir des liens avec le Reich hitlérien.
C’est aux progrès des sciences et des techniques, mais aussi et surtout de l’appât du gain et du pouvoir que nous devons nos inhumanités. A commencer par la cupidité des hommes et leurs capacités à générer des situations toujours plus infamantes et traumatisantes pour le genre humain. La séparation se fait invariablement entre riches et pauvres, pourtant issus manifestement d’une seule et même espèce… La droite conservatrice et libérale (par atavisme congénital) aime à nous rappeler, sur un fond de racisme mal éteint, l’existence des « Races ». Tel le Front National qui en a fait sa théorie. Il n’y a aucun fondement sur l’existence des races mais plutôt une surenchère opportuniste ayant pour souci principal la différenciation des humains par l’aberration d’une différence génétique. Pour aboutir enfin dans un dépotoir de la pensée d’une classification raciale, érigé en principe absolu. Et tout cela pour alimenter un front de haine qui est aussi un fond de commerce politique. Comment avons nous fait pour évoluer si d’un côté nous temporisons nos violences au nom de la civilisation, et qu’au nom de la même civilisation nous étalons dès que c’est possible notre aire d’influence ? Les colonies sont l’exemple parfait des abus ignominieux encore entretenus. Oui, nous appartenons tous à la même famille humaine d’une seule et même espèce. Comment expliquer alors ce paradoxe : que notre espèce «évoluée» se place en haut de la pyramide de l’évolution et que nous soyons, nous, les hommes, les plus grands prédateurs identifiés ? La civilisation ne joue pas son rôle de garde-fou, et elle est malade, surtout quand elle crée les conditions qui font qu’il y ait des riches de plus en plus riches et des pauvres toujours plus pauvres, pour motiver
une séparation entre deux situations aux intérêts antagonistes de classe. En fait la société libéralo-capitaliste a inventé les « sous-espèces », et l’esclavage moderne pour parer à la disparition de la notion erronée de races, et de l’esclavage ancien.
Les flotilles de la paix prises d’assaut dans les eaux internationales.
Aujourd’hui, 31 mai 2010, je salue le courage des nouvelles Brigades internationales de la mer : Volontaire de la liberté ; et déplore que depuis 63 années, date de création de l’état d’Israël, le monde soit encore tétanisé par la peur de déplaire à cet Etat.
Ce qui permet à cet Etat de capitaliser sur la mauvaise conscience des pays ayant des choses non avouables à se reprocher allant jusqu’à se soumettre devant les mensonges et apportant leur appui par le silence aux crimes d’Israel, qui jouit d’une impunité sans pareil, garantie par sa propre expérience de coutumier du fait. Et d’une devise « Qu’importe ce que dira le monde, l’important c’est ce qu'Israël fera » et ils utilisent la force brute comme un droit divin.
Ce matin vers 4h une flottille de bateaux de petit tonnage se dirigeait vers la bande de Gaza(1) afin d’apporter malgré le refus Israélien l’aide humanitaire qui depuis plus d’un an leur fait défaut, pour leur subsistance. Un commando de "L’armée la plus pure au monde" dixit monsieur Claude Lanzmann dans son film sur la Tsahal à pris d’assaut un bateau de la flottille civile et on déplore ce matin 9 tués plusieurs bléssés (39).
(1) soumise à un blocus intolérable depuis les bombardements il y a plus d’un an, qui ont fait dans ce territoire pas plus grand qu’un mouchoir de poche où habitent un million quatre cent mille personnes :1400 victimes et près de 4000 blessés).
Luis Léra - A suivre