Luis Dézingue
Les mensonges bleu, blanc, rouge d’un Président de la Vème République
Ce que Sarkozy doit aux mensonges, c’est que non seulement ils lui permettent de bluffer en temps constant la réalité, mais encore de la gonfler de promesses qu’il ne tiendra jamais.
C’est pas qu’il soit mythomane, même s’il manifeste tous les symptômes de la mégalomanie ; il est surtout en politique celui qui n’a pour le peuple que mépris et déconsidération.
Les élections ont servi de mystification de la promesse. Le consensus populiste à droite, c’est avant tout le chèque en blanc pour permettre à un apprenti sorcier de jouer les prolongations dans la grande entreprise de démolition sociale. Et c’est peu de dire que son discours de Toulon restera la caricature de sa caricature usant du mensonge, de la façon la plus décomplexée qu’il soit donnée à un président de la Véme république élu au suffrage universel.
Le 25 septembre 2008 Sarkozy, dans son discours de Toulon (qui restera dans les annales), appelait à « moraliser » le capitalisme financier ; et déclarait « ll faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation » ; et suit avec une approche Marxiste inattendue : « - Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires - En destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse - Redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs ».
Une phrase en encense une autre qui résonne de façon plus Léniniste cette fois, sur la crise : « Les responsabilités doivent être recherchés et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés ». Puis c’est au tour du logement : façon ? « Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid »; paroles pieuses mais creuses, le discours se poursuit sur une dizaine d’autres questions, réponse sur le même registre. A côté de ce qu’il fera réellement, ce type est incroyable. On se demande à quoi il carbure : mégalo ou plaisantin ? Il joue à fond la carte du bluff politique parce qu’il sait que la vérité le desservirait encore davantage qu’un mensonge qui n’est qu’un voeux pieux sans « conséquence ».
Un Pouvoir « Ambidextral », c’est la France rêvée de
Sarkozy : la main droite et la main gauche de l’Etat
Est-ce que la Politique serait devenue un métier comme un autre ? Je conçois que servir l’état peut trouver des équivalences dans les entreprises et administrations publiques. Mais quelle explication donner quand on est de gauche et que l’on assiste en direct au piètre ralliement des militants de gauche à un gouvernement de la droite libérale ? ça donne à réfléchir.
Sarkozy, éternellement en campagne, en a profité pour faire quelques provisions de personnalités dans le parti socialiste. Là, c’est le tour de Lang, Jack pas l’autre. Depuis le temps que Jack attend. Envoyé à Pyongyang en Corée du nord, c’est sa deuxième mission (secrète) après Cuba. Jack a la confiance du président, comme avec Tonton. J’espère que son ego ne va en souffrir, de servir de tapis rouge pour introduire notre président dans ces engeances.
« La France en difficulté a besoin de nous ». Quelle dérive pour ces D.R.H du P « S » à la recherche d’un pouvoir de substitution ! Faux-culs à gauche, supplétifs à droite, appelés en renfort pour aider le capital à prospérer. Ce n’est pas le hasard si DSK est pressenti pour représenter le PS (ce qui n’est pas encore gagné). L’ami de longue date des grands patrons, féru d’économie libérale, comme de sa critique. « Ambidextre » comme Mitterrand, « la main gauche et la main droite de l’état » (expression chère à Bourdieu ).
Revenons à DSK ; si Sarkozy est à bout de souffle aux prochaines Présidentielle, je pense que les grands patrons prendraient le risque de soutenir DSK dans une social démocratie libérale, ou dans une droite « aux couleurs de la France », qu’importe puisque c’est pour aider la Patrie. Et puis, c’est un Homme de pouvoir : regardez ses initiales qui sonnent comme une marque de roulement à billes en acier suédois, une mécanique qui ne trompe jamais; chère, mais on sait qu’elle rendra les services attendus. À qui ? À la France, ça va de soi. DSK sait ce qu’il veut, il l'a montré comme tous ces socialistes intriguants qui placent leurs valeurs politiques là où commence leur intérêt.
Cela devrait faire réfléchir sur la nature même de cette gauche. Celle-là même qui était arrivée lors des dernières campagnes à un point tel de confusion politique que l’on a craint une fusion avec la droite du centre.
Luis Lera