RÉGIONALES ???

 

 

Question : qui se sent concerné par les Régionales ?

Les sondages, ces Pythies des temps modernes annoncent la catastrophe de la saison avec une abstention importante pour un scrutin qui n’intéresserait semble-t-il que même pas un français sur deux. Les résultats sortis des urnes donneront-ils tort ou raison à ces prévisionnistes ? Peu importe que les instituts de sondage détiennent la vérité, considérons qu’ils offrent une photographie des intentions de la population des électeurs à un instant donné, en l’occurrence à deux semaines environ du scrutin.

 

Question : quel sens convient-il de donner à ce sentiment de désintérêt ?

Les électeurs sont-ils réellement peu intéressés par les élections régionales ?… ou bien les a-t-on tellement « gavés » en annonçant par avance leur désintérêt, qu’ils se sont pris au jeu et se sont convaincus finalement… qu’ils n’étaient ni concernés, ni intéressés. Certaines candidats ont d’ailleurs joué sur ce registre en évoquant la distance abyssale entre l’électeur de base et cette région si lointaine et si méconnue. De là à agiter une raison supplémentaire pour ne pas s’intéresser en annonçant la réforme des collectivités territoriales et la transformation des régions, si ce n’est leur disparition pure et simple. Donc, pourquoi se déplacer ? Qui annonce la réforme ? …En prenant la précaution de l’imprécision jusqu’au scrutin au moins ?… Que dirigent majoritairement les régions ?

 

Question : la lisibilité des listes ?

L’un des mots clés de cette élection c’est certainement le terme de « lisibilité ». La Région manque de « lisibilité » dit-on dans certaines tribunes, qu’il s’agisse de son contour, de ses compétences, de ses responsabilités, de son président tantôt méconnu des aquitains, tantôt trop présent. Et la lisibilité des listes en présence ? Et la lisibilité des propositions ? Et la lisibilité de ce qui est attribué à la responsabilité de la Région ? … Indéniablement il y a une question de lisibilité. Elle n’est pas très bien engagée pour s’améliorer.

 

(SUITE PLUS BAS)

 

Photo de Jean-Pierre Laclau

Cette image cueillie à AGEN appelle quelques commentaires. Qui a installé cette image du Président sortant ? On peut supposer qu’il s’agit d’un militant PS doté d’un grand sens de l’humour et certainement convaincu du placement judicieux de son affiche. Le résultat quand on décode la nouvelle affiche obtenue mérite un arrêt sur image de quelques instants.

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est assez contre productif en terme de message. Il est question du Grand Cirque de France …. Pas très élogieux pour le scrutin des Régionales. Quant au personnage central, il se retrouve affublé d’un chapeau de clown… la proximité de son visage avec une tête de tigre tendrait à l’assimiler à ces grands fauves prédateurs d’on ne sait quelle denrée.

Cette image démontre l’effet contraire qui peut résulter d’un placement hasardeux donnant l’illusion d’une manoeuvre subtile d’un camp adverse.

En conclusion cette image milite pour une formation des colleurs d’affiches afin que leur travail ne se retourne pas en fin de compte contre eux. Reste à déterminer si un financement par la région d’une formation à la sémiologie de l’image est envisageable.

 

Question : plus écologiste que moi, tu meurs ?

En toute logique et ce n’est pas la première fois que le phénomène est observé, le parti écologiste s’il en existait un, véritablement indiscuté et reconnu serait largement donné vainqueur. Or ce n’est pas le cas. Il est permis de se demander si le Grenelle étant passé par là, et le non aboutissement de Copenhague n’ont pas accentué le phénomène de verdissement des programmes.

Où sont les différences ? Elles existent certes même si les nuances n’apparaissent pas toujours avec une limpidité absolue. On se cantonne souvent dans des formules incantatoires qui recouvrent des contenus passablement différents.

 

Question : un scrutin de liste à deux tours un peu compliqué à appréhender.

Pas toujours facile pour comprendre les subtilités de ce scrutin de liste à deux tours. Les listes sont donc régionales mais elles sont subdivisées au niveau des départements. Ce qui conduit certains candidats à montrer la confusion qu’ils ne clarifient pas toujours entre le département et la région. A moins qu’ils ne manifestent ainsi leur avance sur la musique de la réforme territoriale et qu’ils entendent préfigurer dès maintenant la réorganisation annoncée. Entre les départements et les régions ils se préparent à l’élection du conseiller territorial qui siègera tantôt au Département et tantôt à la Région.

Les places seront plus rares, donc plus chères, et il vaut mieux prendre les devants. Si, si, il y existe des spécialistes de ce genre d’anticipation.

Pour en revenir à l’élection prochaine, le principe de parité doit désormais être respecté dans chaque section, il s’agit bien dans l’ensemble des élections désormais de reconnaître l’égalité des sexes. Si aucune liste n’atteint la majorité absolue des suffrages au premier tour, un second tour est organisé. Il faut obtenir plus de 10% des suffrages exprimés pour pouvoir prétendre participer au second tour.

Pour l’attribution des sièges, il faut se souvenir de ce qui s’est passé avec les municipales étant donné que la répartition des sièges s’inspire des mêmes principes, avec notamment une « prime majoritaire qui permet à la liste arrivée en tête de bénéficier du quart des sièges. Ensuite, les autres sièges sont attribués à l’ensemble des listes qui ont obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés, de manière proportionnelle à leur résultat. Ces sièges s’ajoutent, pour la liste arrivée en tête, à ceux dont ils ont déjà bénéficié au titre de la prime majoritaire. Au sein de chaque liste, les sièges sont répartis entre les différentes sections départementales en fonction des voix obtenues par la liste dans chaque département.

La répartition ne prend en compte que les votants, pas les habitants.

 

Question : les alchimies pour le second tour ?

Au dessus de 5% au premier tour une liste aura la possibilité de « fusionner » avec une autre. Plusieurs types de fusion sont envisageables, en fonction des désirs des protagonistes. Au-delà de 10 % des suffrages obtenus au premier tour une liste peut se maintenir au second tour, et là pour avoir des élus il lui sera nécessaire d’obtenir plus de 5% des suffrages. Les négociations de l’entre deux tours dans un laps de temps très réduit constituent donc une étape lourde de conséquences. Vu le nombre de listes en présence cela revêt une importance considérable compte tenu des calculs, des rapports de forces pour l’issue finale du scrutin. C’est aussi un moment délicat de négociation et de crédibilité vis-à-vis de l’électorat. Il ne s’agit pas de prendre trop de libertés avec les promesses faites à l’occasion du premier tour. C’est un moment délicat par excellence qui sera suivi avec beaucoup d’attention.

 

Question : la réforme des collectivités territoriales.

Tous les scénarios évoqués par les responsables politiques, depuis qu’est lancé le projet de réforme des collectivités territoriales, comportent leur dose d’idées reçues, de raisonnements mal posés et de « petites phrases » à valeur de test.

Mais au-delà des formules, ces scénarios évoqués ici ou là sont en réalité très lourds de conséquences et constituent une menace sur l’avenir des régions… comme sur l’intérêt des citoyens. Voici une « revue des risques » encourus si le gouvernement ne prend pas en compte l’analyse documentée et les recommandations des régions pour mener à bien cette réforme.

Risques liés à l’inachèvement actuel du processus de décentralisation demeuré inachevé en France :

la pérennisation d’un imbroglio politico-administratif qui paralyse l’ensemble des moyens d’action des pouvoirs publics : Etat et collectivités territoriales, gouvernement et élus locaux. Les blocages engendrés par cette décentralisation inachevée renforcent le sentiment d’impuissance des élus et des dirigeants politiques et participent dans une certaine mesure à la détérioration de l’image des responsables politiques français, tous échelons confondus en conséquence, l’éloignement du lieu de la décision (encore trop central) par rapport aux acteurs de terrain la tentation récurrente de « recentraliser » certaines politiques dévolues aux régions (comme la formation professionnelle), de renforcer les contrôles a priori, de doublonner les compétences, au lieu de conduire le processus de décentralisation jusqu’à son terme et d’évaluer son efficacité et ses résultats a posteriori l’incapacité du système centralisé à aborder de façon pragmatique et efficace les problèmes concrets auxquels les Français sont confrontés : coexistence de 12 dispositifs nationaux de lutte contre le chômage, infime montant du potentiel d’épargne investi dans l’innovation et les projets des pôles de compétitivité… l’affaiblissement du sentiment de responsabilité : difficulté pour les citoyens d’identifier clairement les interlocuteurs responsables des politiques menées et de pouvoir les interpeller.

 

Question : les domaines de compétences de la Région ?

Les dépenses : Projet de budget 2010 de la Région Aquitaine 1271 M€

C’est tout de même la question la plus importante qu’il vaut mieux cerner avec un peu de précision. Elle est centrale dans le débat préélectoral car on s’aperçoit que les responsabilités de la Région ne sont pas toujours traitées avec le discernement attendu. C’est autour des responsabilités et des compétences exercées par cette collectivité que l’on trouve soit que la Région prend trop de place, s’occupe de trop de questions, saupoudre ses moyens au lieu de les concentrer sur des objectifs plus limités. Mais autour de ces axes de questionnement on entend tout et son contraire. On n’hésite pas non plus à reprocher à la Région de ne pas être connue du grand public et de lui reprocher simultanément d’en faire trop sur le plan de sa communication. En clair c’est le reproche du gaspillage.

En la matière l’écart le plus spectaculaire rencontré dans la littérature électorale concerne la part du budget de fonctionnement de la Région qui oscille selon les avis rencontrés de 6,3% à ….58 %, on est véritablement dans le grand n’importe quoi !

 

Question : de quoi s’occupe la Région ?

L’article 59 de la loi de décentralisation du 2 mars 1982 définit les champs d’intervention des conseils régionaux : «l’institution régionale a compétence pour promouvoir le développement économique et social, sanitaire, culturel et scientifique de son territoire et pour assurer la préservation de son identité, dans le respect de l’intégralité, de l’autonomie et des attributions des Départements et des Communes ».

Le développement économique, c’est le domaine d’action principal de la Région. Depuis la loi du 13 août 2004, la Région « coordonne sur son territoire les actions de développement économique des collectivités territoriales et de leurs groupements ». L’action économique de la région comprend notamment la définition du régime des aides économiques aux entreprises et l’élaboration d’un schéma régional de développement économique afin de coordonner les actions de développement économique, promouvoir un développement économique équilibré de la région et à développer l’attractivité de son territoire.

 

La structure des recettes

L’aménagement du territoire et la planification

Les Régions sont notamment consultées lors de la détermination de la politique nationale d’aménagement et de développement durable. Cette compétence renferme aussi : l’élaboration d’un schéma régional d’aménagement et de développement du territoire (SRADT), qui fixe les orientations à moyen terme du développement durable du territoire régional, la signature de contrats de projets entre l’État et les Régions (qui succèdent aux contrats de plan) recensant les actions qu’ils s’engagent à mener ensemble.

Ils doivent se concentrer en priorité sur la compétitivité et l’attractivité des territoires, le développement durable et la cohésion sociale, la propriété, l’aménagement, l’entretien et la gestion des ports non autonomes relevant de l’État au plus tard au 1er janvier 2007 pour les Régions, si elle en avait fait la demande avant le 1er janvier 2006.

 

L’élaboration d’un schéma régional des infrastructures et des transports.

La Région organise des services de transport routier non urbain des personnes

et, depuis le 1er janvier 2002, est l’autorité organisatrice des transports

ferroviaires de la région, sauf en Ile-de-France.

 

L’éducation, la formation professionnelle et la culture

La Région a en charge entre autre : la construction, la reconstruction, l’extension, les grosses réparations, l’équipement et le fonctionnement des lycées, des établissements d’éducation spéciale et des lycées professionnels maritimes.

Depuis la loi du 13 août 2004, la Région a la possibilité de devenir propriétaire de ces locaux. Elle devient également responsable du recrutement et de la gestion des personnels non enseignant de ces établissements.

C’est une des compétences principales de la Région,

- la participation au financement des établissements universitaires,

- la définition et la mise en oeuvre de la politique régionale d’apprentissage et de formation professionnelle des jeunes et des adultes à la recherche d’un emploi ou d’une nouvelle orientation professionnelle.

La Région élabore un plan régional de développement des formations professionnelles,

- l’organisation et le financement des musées régionaux, la conservation et la mise en valeur des archives régionales que la Région peut toutefois confier, par une convention, au département ;

- la responsabilité de l’inventaire général du patrimoine culturel,

- l’organisation et le financement du cycle d’enseignement artistique professionnel initial.

La santé : ce domaine d’intervention est mineur. Peu développé auparavant, il a été enrichi par la loi du 13 août 2004 notamment avec : la possibilité d’exercer des activités en matière de vaccination, de lutte contre la tuberculose, la lèpre, le sida et les infections sexuellement transmissibles, la possibilité, à titre expérimental, à certaines conditions particulières, de participer au financement et à la réalisation d’équipements sanitaires.

 

Question : est-il utile de se déplacer le 14 et le 21 mars ?

OUI, sans hésiter malgré les nombreuses sources d’hésitations contenues dans cet inventaire de questions. Le droit de vote est un droit qui ne mérite en aucune façon d’être abandonné. Trop de lieux sur la planète ne bénéficient pas d’un tel droit conquis généralement au terme de combats très durs.

Pas question de galvauder ce droit. Cela nécessite peut-être un effort, celui d’aller à la recherche de l’information. La Région est une jeunes institution, elle est déjà remise en cause pour des prétextes dont l’évidence n’est pas établie. Certes la tâche n’est pas toujours facilitée, même par ceux qui ont l’ambition de la servir. Parmi les éléments à prendre en considération il en est un qui devrait retenir l’attention dans les critères de choix : la Région est passée progressivement d’une affaire qui regardait exclusivement la capitale régionale à un espace régional. Le respect dû à cette entité paraît vraiment essentiel.

 

Yandé