La 64Eme Du Nom :

La Caravane DEjantEe du Tour

de France et Jamais 203

 

 

Reconnaissons-le, et disons-le d’une manière plutôt convenue : le Tour de France ne plaît vraiment qu’à ceux qui aiment (sic). Entendons par là que le passage à Pau cet été des cyclistes de la Grande Boucle en ravit sûrement autant qu’il en indiffère. Mais, amateurs et détracteurs de courses à vélo pourront peut être enfin se réconcilier l’espace d’un, voire de deux instants les 17 et 21 juillet prochains, à l’occasion de la «64ème du Nom». Cet événement palois rebondira sur l’événement qu’est le passage du Tour pour mettre en place deux spectacles de rue (Une Caravane Déjantée et «Jamais 203») déambulatoires où le vélo sera à la fois le sujet central et un prétexte pour une grande manifestation populaire dans les rues de Pau.

A l’origine du projet, le Collectif Berlioz, qui s’est entouré de Générik Vapeur, une célèbre troupe d’arts de rue, pour la création artistique, et de beaucoup de bénévoles et associations qui ont adhéré à l’idée et portent maintenant le projet.

Deux journées de liesse et de fête qui s’annoncent grandioses si vous prenez bien garde de ne pas partir en vacances à ce moment-là en juillet !

 

La 64ème du nom en quelques dates :

Samedi 17 juillet : au quartier du Hameau, rue Berlioz : « La Caravane Déjantée du Tour de France »

Mercredi 21 juillet : centre ville de Pau : déambulation de la « 64ème du Nom» avec la Caravane Déjantée et « Jamais 203», ainsi que ses 64 cyclistes.

En journée : ateliers ouverts aux bénévoles à la MJC Berlioz, la MJC Rive Gauche, la Tannerie de Gelos, MJC des Fleurs, Centre Social du Hameau.


Quelques détails et chiffres de La 64ème du nom :

- Des objectifs avérés d’implication, de valorisation des habitants

- Désir d’influer sur l’appropriation des espaces publics

- Créer un lien social, et de la mixité, pour amener au «faire ensemble»

- 22 associations locales

- Plus de 100 bénévoles

- 15 collaborateurs artistiques professionnels

- 4 lieux de construction

 


Interview de Max, bénévole de la 64ème du Nom

Max vit depuis 40 ans dans le quartier Berlioz. Il a 71 ans, et est un administrateur bénévole de la MJC. Daniel Hebting (le directeur de la MJC), connaissant ses qualités de bricoleur, est allé lui proposer de faire partie bénévolement du projet. Max fait aussi beaucoup pour la fête des voisins, et pour l’illumination du quartier à Noël.

 

MF : «Pouvez-vous vous présenter ?»

Max : «Je suis administrateur de la MJC depuis pas mal de temps, membre du Bureau. Daniel ayant détecté que je suis bricoleur, m’avait demandé de mettre en place les ateliers, de gérer le matériel. Il y avait très peu de choses, juste un coin bricolage. Je me suis occupé de retaper l’atelier, d’acheter du matériel d’outillage.»

 

MF : «Y a-t-il souvent des bénévoles qui viennent ?»

Max : «Quand on fait une journée comme samedi, où on était bien 20 ou 25, il faut tout de même quelques règles pour diriger ces gens-là. Avec tout le respect que je dois aux gens qui viennent, il y a un aspect technique où il vaut mieux avoir des compétences. Si on commence à devoir expliquer comment faire les choses à tout le monde, on perd en efficacité, et le temps passe vite !»

 

MF : «Qu’est ce que cela vous apporte ?»

Max : « Ca permet de recréer un milieu de convivialité que l’on perd quand on arrête son activité professionnelle. A la différence du milieu dans lequel on était, le milieu industriel, carré, rigoureux, on est dans un milieu qui est plus artistique, où le mot «interdit» est interdit, où on hésite à édicter des règles.

C’était le choc des cultures quand je suis arrivé. Je me suis dit, je suis tombé dans un monde de fou ici. Mais finalement, ça se résume assez facilement : on met, chacun de nous, nos compétences au service du délire de l’artiste.

Et on a des relations avec tout un tas de gens d’origines différentes, de milieux sociaux différents, des jeunes, des moins jeunes et c’est très important. Ce qui est intéressant, c’est la mixité. Le bénévolat n’est que pécuniaire, car humainement, on en retire quelque chose.

Ca me plait beaucoup sinon je serais pas là, je serais parti ailleurs !»


 

Rencontre avec Pierre Berthelot, chargé de la direction artistique et co créateur de la troupe des arts de rue Générik Vapeur, et Gérald Morel, vice-président de la MJC Berlioz.

 

MF : «Une petite présentation ?»

Gérald Morel : «Je suis Gérald Morel, vice-président et permanent de la

MJC, chargé de l’organisation. »

Pierre Berthelot : «Moi c’est Pierre de Générik.»

 

MF : «Comment en êtes vous venu à participer à ce projet ? Qu’est-ce

qui vous a attiré ici ?»

PB : «Pour le projet, c’est une personne qui a appelé, qui s’appelle Daniel (ndlr: Daniel Hebting, directeur de la MJC Berlioz), qui nous a contacté pour parler de ça. Après, nous à Générik si tu veux, il nous faut un axe prioritaire. Quand on est arrivés, de voir ce lieu et voir ces gens qui travaillent dans une vraie synergie, on a su que c’est ce qu’il nous faut, c’est à dire un axe avec de la vraie création culturelle, et de pouvoir travailler ensemble. Avec «Jamais 203», il y a un travail avec tous les bénévoles sur ce projet, qui tourne autour d’un thème et d’une énergie.»

GM : «On a voulu faire quelque chose qui réveille, qui change et qui interroge. Et on espère qu’à travers le travail autour du projet, qui repose sur la participation populaire, bénévoles et spectateurs «se sentent grandis. »»

PB : «Moi ce que j’aime bien c’est que c’est pas du travail pour occuper, c’est du travail qui est créatif et qui augure pas mal de possibles. C’est à dire qu’il y a une exigence, et de la tenue, et moi c’est ce qui m’intéresse.»

 

MF : «Et on voit que derrière, il y a des gens consciencieux.»

PB : «Oui oui et ça c’est pas juste pour occuper les gens… »

GM : «… c’est pas un atelier du dimanche. On est exigeants, et les gens le savent.»

 

MF : «Pourriez-vous me donner un petit avant-goût ou aperçu de ce qui va se dérouler ?»

PB : «Avec Générik, dans le contenu de nos spectacles, il y a toujours quelque chose sur la réalité, et sur l’actualité. Moi je dis que je fais du théâtre de rue parce que j’aime bien savoir le temps qu’il fait, et plutôt le «temps social». Ce que j’ai toujours revendiqué, c’est que quand on a la parole, il faut la prendre, et quand on a des choses à dire, essayer d’être entendu, sans faire de la provocation.

Et on a construit ça comme une grande parade autour du Tour de France, avec une caravane, j’ose espérer, «déjantée». Voilà la base.

Au niveau du look de l’évènement, on est plutôt dans les années 60. Et derrière il n’y pas que des gens autour de la MJC Berlioz, il y en a qui bricolent aussi à la MJC Rive Gauche, à la MJC des Fleurs, à la Tannerie de Gelos avec Bon’Art, au centre social du Hameau en partenariat avec le garage associatif PNEU.»

 

Propos recueillis et texte par Max Frech